Michel Sitbon – Cannabis Sans Frontières : Vers une révolution cannabique

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Dans ce nouvel épisode de Parlons Canna, nous accueillons Michel Sitbon, une voix influente dans le mouvement associatif du cannabis. Cet entretien promet une rétrospective historique captivante, pour une meilleure compréhension des enjeux contemporains. Avant d’aborder les thèmes tels que Cannabis sans Frontières, Legalize, l’Appel du 18 Joint et autres initiatives, découvrons qui est Michel Sitbon, ainsi que son point de vue sur l’origine de ces mouvements. Allons-y !

Parcours et engagements

À l’âge de 65 ans, Michel Sitbon partage son identité et son parcours. Son intérêt pour le cannabis remonte à ses débuts en tant qu’intellectuel, éditeur et militant. En 1992, il co-fonde Les Editions du Lézard avec Jean-Pierre Galland, une maison d’édition engagée. Leur collaboration démarre sur les chapeaux de roues avec la publication du best-seller ‘Fumée Clandestine‘, déjà bien reçu par le public lors de sa première parution chez Ramsay. Ce partenariat fructueux contribue largement au succès des Éditions du Lézard pendant une décennie. Par ailleurs, son expérience en tant qu’éditeur de presse a joué un rôle déterminant dans son cheminement.

Le rôle de l’éditeur

Le métier d’éditeur couvre un large éventail d’activités. Michel Sitbon, dans ses débuts, s’est spécialisé dans le multimédia, notamment à l’époque du Minitel, un dispositif qui aujourd’hui pourrait sembler obsolète. Il a notamment exploité une branche méconnue mais lucrative du Minitel, connue sous le nom de Minitel Rose, pour soutenir financièrement d’autres projets, dont la création d’une maison d’édition généraliste.

Son ambition était de combler un vide dans le domaine éditorial français, en se concentrant sur des sujets médicaux et les ouvrages traitant des drogues, un sujet peu abordé à l’époque. Lors d’un voyage à New York, il a constaté avec surprise l’absence de tels ouvrages en français dans les librairies locales. Cette lacune lui est apparue comme une opportunité intéressante à exploiter. Ainsi, avec les ressources financières nécessaires, ils ont entrepris la traduction et la publication de ces ouvrages en français, donnant ainsi naissance aux Éditions du Lézard.

30 ans après l’Appel du 18 Joint 93

Le 30ème anniversaire de l’Appel du 18 Joint 93 marque pour Michel Sitbon un moment clé, presque un acte de naissance dans cette histoire. Son engagement remonte au début des années 90, lorsqu’il s’est penché sur la question des drogues non seulement du point de vue de leur consommation, mais également de leur contexte mondial et politique. Il remet en question la nature même de leur interdiction, une interdiction qui, selon lui, n’était pas aussi évidente qu’elle semblait l’être.

En 2023, avec l’abondance d’études et la facilité d’accès à l’information grâce à internet, il est intéressant de se demander ce qui émergeait à l’époque pour remettre en question cette interdiction des drogues. Quels étaient les premiers éléments qui ont sensibilisé Michel Sitbon à cette problématique?

Le scandale carcéral

Michel Sitbon exprime son indignation face à la question carcérale, une préoccupation qui l’a accompagné depuis de nombreuses années. Il se souvient d’une anecdote révélatrice de son cheminement : alors qu’il était un éditeur prospère avec une vie bien organisée, il a découvert, grâce à une baby-sitter exceptionnellement disponible, la réalité cruelle du système carcéral. Cette baby-sitter, dont le fiancé était incarcéré pour avoir transporté quelques centaines de grammes d’Amsterdam, avait été confrontée à une peine disproportionnée pour un délit mineur. Cette injustice l’a profondément marqué, notamment le contraste entre sa vie confortable et celle de jeunes condamnés pour des peines excessives, une situation qu’il qualifie de scandaleuse.

Les débuts des Éditions du Lézard

À cette époque, Michel Sitbon était en pleine gestation de son projet de maison d’édition de livres. Bien qu’il ait déjà une expérience dans l’édition de presse et du Minitel, notamment le Minitel Rose, qui lui rapportait des revenus, il a décidé de se concentrer sur la création d’une maison d’édition de livres. Avec des moyens financiers disponibles, il s’est attelé à constituer un catalogue en réfléchissant à la diversité des sujets à aborder.

Au cours de ses voyages, il a découvert aux États-Unis un foisonnement de livres portant sur les drogues, des ouvrages abordant ces sujets sous un angle sociologique et politique. Cette découverte l’a surpris, réalisant que les drogues ne se limitaient pas à une expérience individuelle mais étaient également un enjeu historique et géopolitique. La lecture d’ouvrages tels que ‘LSD et CIA‘ lui a permis de comprendre la complexité de ces sujets et l’importance de les rendre accessibles au public.

Ainsi, les Éditions du Lézard ont vu le jour avec la publication de plusieurs ouvrages historiques sur le sujet des drogues, dont ‘La Politique de l’Héroïne‘. Malgré la disponibilité de ces ouvrages, Michel Sitbon garde en mémoire la difficulté à diffuser ces connaissances, notamment en France où la bibliographie sur les drogues était peu développée par rapport aux États-Unis. Cependant, il souligne que le sujet était déjà étudié et documenté par d’autres chercheurs, historiens, sociologues et militants, principalement outre-Atlantique, offrant ainsi une riche documentation sur ces thématiques.

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Les défis de la publication sur les drogues

Dans les années 70, la loi de 1970 comprenait l’article L630 qui prohibait explicitement la publication de livres ou tout autre média sur les drogues, en particulier s’ils les présentaient de manière favorable ou incitaient à leur consommation. Cette restriction a dissuadé la plupart des éditeurs de s’aventurer sur ces sujets. Malgré l’effervescence des années 70 marquées par la découverte généralisée des drogues et une révolution éditoriale, très peu de livres ont été publiés sur ces thématiques à cette époque.

À titre d’exemple, Michka, un auteur bien connu, avait publié ‘Le Dossier Vert d’une Drogue Douce‘ à la fin des années 70, mais cela demeurait l’une des rares exceptions dans la bibliographie dominée par des titres tels que ‘Ma Fille se Drogue’ ou ‘Qu’est-ce que je Dois Faire?’ Ces ouvrages étaient plutôt axés sur les dangers de la consommation et ne présentaient pas une vision favorable des drogues.

Le défi juridique

Interrogé sur la manière dont il a contourné les restrictions légales, Michel Sitbon explique qu’il disposait des ressources nécessaires pour traduire et éditer des livres coûteux en français. Il a adopté une approche stratégique en se conformant à la loi qui interdisait de présenter les drogues sous un jour favorable, mais en argumentant que rien ne l’empêchait de les présenter de manière véridique. Cette stratégie s’est avérée efficace, car ils n’ont jamais été poursuivis en justice malgré le mécontentement des autorités, notamment des forces de l’ordre.

Il relate une anecdote où une juge d’instruction, furieuse contre leur activité éditoriale, a ordonné des saisies dans toutes les librairies du Furet du Nord dans la région. Cette juge avait confisqué tous les exemplaires d’un livre, non pas à cause de son contenu, mais parce qu’il contenait des conseils de culture de drogues. Cette réaction excessive montre la tension et les obstacles rencontrés dans leur démarche éditoriale, mais cela n’a pas entamé leur détermination à défendre la liberté d’expression et la vérité sur les sujets liés aux drogues.

Un gros succès des Éditions du Lézard

Le succès majeur des Éditions du Lézard était le livre intitulé ‘Les Très Riches Heures du Cannabis’, écrit par Phix, un talentueux dessinateur récemment décédé. Phix, également connu pour ses contributions au cirque, a réalisé cet ouvrage qui a rencontré un immense succès. Ce livre magnifique, distribué par les Éditions du Lézard, s’est vendu à près de 100 000 exemplaires, malgré son prix élevé de 195 francs à l’époque.

Ce livre phare a été une véritable locomotive pour les Éditions du Lézard, équilibrant les autres publications qui pouvaient parfois moins bien se vendre. Le succès de ‘Les Très Riches Heures du Cannabis’ a même conduit à une mise en avant exceptionnelle dans les magasins Fnac, avec un mur entier dédié aux publications de la maison d’édition. Cette visibilité accrue a boosté les ventes, représentant jusqu’à 10% du chiffre d’affaires global de la maison d’édition à l’époque.

Les clients de la maison d’Édition du Lézard

Les livres sélectionnés et édités par les Éditions du Lézard étaient principalement destinés aux consommateurs intéressés par le sujet des drogues et de la contre-culture. Les clients étaient souvent des passionnés qui étaient prêts à investir dans des livres un peu plus chers que la moyenne, notamment pour des ouvrages riches en images et en contenu visuel.

Michel Sitbon mentionne avoir adopté le modèle de prix de ‘Fumée Clandestine’, un livre précédemment publié par Galland et Ramsay, les éditeurs précédents. Ce livre avait été vendu à un prix élevé de 250 francs, ce qui était considéré comme excessif à l’époque. Cependant, malgré son prix, il a rencontré un certain succès et a même été présenté à la télévision sur une émission très suivie, ce qui a contribué à ses ventes.

Le profil des acheteurs

La question sur le profil des acheteurs reste une zone grise, car il n’y a pas eu d’études spécifiques sur la population des acheteurs de livres sur le cannabis à l’époque. Cependant, Michel Sitbon évoque que le livre vendu à 250 francs avait attiré principalement des consommateurs déjà convaincus, ainsi qu’une part de curieux désireux de découvrir le sujet.

L’autocensure était très présente dans les années 70, ce qui signifie que lorsque les gens voyaient un livre sur le cannabis qui semblait aborder le sujet de manière authentique, ils se sentaient incités à l’acheter. Les consommateurs étaient nombreux à cette époque, et bien que la proportion puisse avoir légèrement évolué aujourd’hui, la structure sociologique de l’audience intéressée par ce type de publications reste similaire.

Cependant, il y avait une grande frustration parmi ces lecteurs, car l’information sur le cannabis était limitée à l’époque, en raison de l’absence d’Internet et de l’autocensure des médias. La loi de l’article L630 avait principalement affecté les journaux comme Charlie Hebdo, qui avaient dû faire face à de nombreux procès liés au cannabis, entraînant finalement une réduction de leur couverture sur ce sujet.

Le paysage de la presse spécialisée et la TVA

Michel Sitbon soulève un point important sur la presse spécialisée aujourd’hui. Il note qu’il existe une plus grande liberté de parole par rapport à l’époque de la L630. Cependant, il reste un aspect de la L630 encore présent de nos jours, notamment en ce qui concerne la presse spécialisée et la question de la TVA.

Il explique que pour accéder à des informations sur le cannabis, il est souvent nécessaire de se tourner vers des médias gratuits. Cela est dû à la loi sur la TVA de la presse, qui stipule que les magazines bénéficiant du taux réduit de TVA de 2,10% doivent obtenir un avis favorable d’une commission paritaire. Sans cet avis, le taux de TVA peut être de 20%, ce qui affecte directement les coûts pour les éditeurs.

Le système de distribution de la presse, organisé par la loi de 1948, permet aux marchands de journaux et aux distributeurs d’être exonérés de TVA, ce qui facilite grandement le commerce de la presse. Cependant, cela signifie que les éditeurs supportent le poids de la TVA sur la totalité du prix de vente de leurs publications, même si leur part de revenu est inférieure.

Cette situation complexe montre comment la législation peut influencer le paysage médiatique et la manière dont les informations sont accessibles et distribuées au grand public.

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La Commission Paritaire et l’État

Selon Michel Sitbon, la commission paritaire et mixte est une entité associative qui représente la société dans le domaine de la presse. Bien que son fonctionnement soit étroitement lié à l’État, avec un bâtiment situé à Matignon, elle opère de manière indépendante et équitable. Composée de représentants de l’administration, de la profession journalistique, ainsi que des associations de consommateurs familiaux, elle est chargée de délivrer les cartes de presse et d’évaluer les nouvelles publications.

Cette commission est en quelque sorte le gouvernement de la presse, veillant à ce que les nouvelles publications respectent les critères requis pour bénéficier du taux réduit de TVA de 2,10%. Ces critères vont au-delà du simple contenu éditorial et incluent divers aspects liés à la réglementation de la presse. Par exemple, elle exige que les magazines soient publiés au moins trimestriellement pour être éligibles.

Michel évoque également un cas spécifique où un éditeur a tenté de lancer un magazine sur le cannabis malgré les restrictions de la L630. Après avoir publié trois numéros, le magazine a été retiré de la commission paritaire, entraînant une augmentation de la TVA à 40% et une amende de 250 000 francs. Cette anecdote illustre les conséquences potentielles pour ceux qui défient les règles établies dans le domaine de la presse spécialisée

Défis légaux et liberté d’expression : une bataille pour la presse

Michel nous fait part de ses réflexions sur les obstacles juridiques et fiscaux qui entravent la création de magazines sur des sujets comme le cannabis.

Critères fiscaux arbitraires

Parlons du problème de la TVA de la presse, une question qui affecte l’ensemble de l’industrie médiatique. Selon Michel, la Commission Paritaire impose des critères arbitraires aux nouveaux magazines, ce qui complique leur existence. Cette approche rigide a souvent abouti à l’exclusion de publications prometteuses, comme l’affaire de l’éléphant rose qui a connu un succès initial avant d’être confrontée à des obstacles insurmontables.

Liberté d’expression menacée

La situation actuelle a été décrite comme un frein à la liberté d’expression. Michel explique comment des magazines qui ont tenté d’aborder des sujets controversés ont été rapidement étouffés par des amendes lourdes et des restrictions injustes de la part de la Commission Paritaire. Cette réalité contraste fortement avec l’idée d’un débat démocratique informé. Ainsi, cela souligne ainsi les défis persistants dans le paysage médiatique.

Plaidoyer pour le changement

Malgré ces défis, Michel reste optimiste quant à la possibilité de changement. Il appelle à une réforme des critères fiscaux de la presse pour permettre la création de magazines d’information pertinents et stimulants. Son plaidoyer s’étend à l’idée que les législateurs eux-mêmes ont besoin d’être mieux informés pour prendre des décisions éclairées sur des sujets d’actualité comme les drogues.

Le débat autour de la TVA de la presse 

Le critère de la TVA, souvent invoqué dans le contexte de la prohibition, influence de manière significative la viabilité économique des magazines. Selon Michel Sitbon, l’absence de critère juridique constitutionnel clair accentue cet abus fiscal, ce qui soulève des questionnements sur la liberté d’expression dans le domaine de la presse, notamment en ce qui concerne les sujets comme le cannabis.

La commission paritaire et ses critères changeants 

La commission paritaire, chargée d’accorder le taux réduit de TVA aux publications, utilise des critères variables et parfois arbitraires. Ces critères, en constante évolution, imposent des contraintes aux magazines, notamment ceux traitant de sujets sensibles comme le cannabis. L’exemple de l’affaire de l’Éléphant Rose met en lumière les difficultés rencontrées par les éditeurs pour respecter ces normes changeantes.

La bataille pour une presse informative et non consumériste 

La lutte pour obtenir la reconnaissance de magazines traitant objectivement du cannabis et d’autres sujets connexes est un enjeu majeur. Les restrictions imposées par la commission paritaire incitent à repenser les critères qui définissent la presse informative et non consumériste. Le besoin de fournir une information équilibrée et approfondie sur des sujets d’intérêt public reste crucial dans ce débat.

Les implications pour le débat démocratique

La question de la TVA de la presse ne se limite pas à des considérations économiques, mais touche également au débat démocratique. La diversité des opinions et des analyses dans la presse est essentielle pour permettre aux citoyens de se forger des opinions éclairées, notamment sur des sujets aussi complexes que la législation sur les drogues. La nécessité de garantir une presse libre et diversifiée demeure un enjeu crucial pour la démocratie.

Malgré les obstacles actuels, des voies alternatives se dessinent, notamment avec l’émergence de magazines sur le CBD. Ces initiatives ouvrent la voie à une réflexion plus large sur la régulation de la presse et la nécessité de garantir un accès équitable à l’information pour tous les citoyens.

Les débuts des discussions sur la drogue 

Les prémices des débats sur la légalisation des drogues remontent à l’année 1993. Cette période a été marquée par une série d’événements significatifs qui ont alimenté la réflexion et la prise de conscience au sein de la société française.

La Commission Henrion 

Dès juin 1993, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua, annonce la mise en place d’une commission spéciale, nommée la commission Henrion. Cette commission, présidée par le professeur Roger Henrion, a travaillé intensivement pendant près d’un an, recueillant les témoignages d’experts et de militants, dont certains étaient opposés à la prohibition des drogues. Malgré les préjugés associés au professeur Henrion, connu pour ses positions conservatrices, la commission a su écouter et prendre en compte les arguments en faveur d’une réforme de la politique antidrogue.

Les conclusions de la commission et du Conseil national d’éthique 

Le rapport final de la Commission Henrion a été globalement favorable à une réforme de la législation sur les drogues. Ce rapport, soutenu par le professeur Henrion lui-même, a été un tournant dans le débat public sur la question. Parallèlement, le Conseil national d’éthique, sous la présidence d’un membre éminent, a également rendu un rapport favorable à la légalisation des drogues dans les années 90.

Impact et répercussions 

Ces premières prises de position institutionnelles ont eu un impact significatif sur le débat entourant la prohibition des drogues. Elles ont contribué à sensibiliser l’opinion publique et à ouvrir la voie à des discussions plus approfondies sur les politiques antidrogue. Ces événements marquent les prémices d’une évolution majeure dans la manière dont la société française aborde la question des drogues et de leur régulation.

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Les débuts des Éditions du Lézard et l’engagement dans le débat sur les drogues

En 1992, Michel et Jean-Pierre Galland lancent les Éditions du Lézard, un projet éditorial axé principalement sur la publication de livres traitant des drogues, en particulier des ouvrages importés des États-Unis et traduits de l’anglais. Le nom de la maison d’édition, choisi en collaboration, reflète cet intérêt pour les sujets controversés et les idées innovantes.

L’événement marquant de 1993 

L’année 1993 marque un tournant pour les Éditions du Lézard. Un événement majeur est planifié pour le 18 juin de cette année-là, avec la sortie de plusieurs livres importants. Parmi eux, « L’Empereur est nu » de Jack Herer, un ouvrage alors peu connu mais qui deviendra une référence incontournable dans le domaine. Le fait que l’auteur, Jack Herer, soit présent pour cette occasion ajoute une dimension particulière à cet événement.

Les autres contributions à la réflexion sur les drogues 

En plus de « L’Empereur est nu », les Éditions du Lézard publient également des ouvrages d’autres auteurs influents comme Thomas Szasz, un psychiatre renommé dont les travaux ont marqué la psychiatrie et l’antipsychiatrie. Ces livres apportent des perspectives diverses sur les drogues, contribuant ainsi à enrichir le débat public et à susciter la réflexion autour de ces sujets complexes.

Impact et reconnaissance

Cette initiative des Éditions du Lézard et leur engagement dans la publication de livres engagés ont contribué à élargir les horizons de la pensée sur les drogues en France. Ces publications ont trouvé leur public et ont joué un rôle important dans la diffusion d’idées novatrices et parfois controversées dans le domaine des drogues et de leur régulation.

La Journée Internationale du Cannabis et l’émergence du mouvement chanvrier 

Une des initiatives marquantes des Éditions du Lézard fut l’organisation de la première Journée Internationale du Cannabis, un événement qui a eu un impact significatif sur le mouvement chanvrier et la promotion des usages thérapeutiques du cannabis.

La diversité des contributions :

Lors de cette journée, des personnalités influentes comme Jack Herer et Michka ont pris la parole pour défendre les vertus du chanvre et présenter leurs arguments contre l’interdiction. Leurs discours ont été essentiels pour sensibiliser le public et encourager le débat autour de ces sujets.

La montée en puissance du mouvement chanvrier 

L’événement a également attiré des militants venus de différents pays, contribuant ainsi à renforcer les liens et les échanges d’informations au sein du mouvement chanvrier naissant. Des discussions animées sur le potentiel du chanvre dans divers domaines tels que l’industrie textile et papetière ont eu lieu, laissant entrevoir un avenir prometteur pour cette plante aux multiples usages.

L’investissement de Ben Dronkers et l’évolution de l’industrie chanvrière 

L’investissement de Ben Dronkers dans le domaine du chanvre, avec la création de HempFlax, témoigne de l’engouement et de l’espoir suscités par cette plante. Bien que les attentes initiales n’aient pas été totalement réalisées à l’époque, notamment en termes de rentabilité immédiate, cela a contribué à jeter les bases d’une industrie qui prendrait son essor plus tard avec l’avènement du CBD.

Impact sur l’industrie 

Cet événement et l’investissement de figures comme Ben Dronkers ont eu un impact majeur sur l’industrie chanvrière, contribuant à l’émergence de produits à base de chanvre comme des tissus et des vêtements, et préparant le terrain pour le développement ultérieur de cette filière industrielle.

Les difficultés du marché du chanvre et les obstacles à son développement 

Bien que le potentiel du chanvre dans divers domaines économiques et industriels ait été largement reconnu, son essor a été entravé par divers obstacles et contraintes, notamment d’ordre réglementaire et sociétal.

Obstacles réglementaires et contrôles policiers

Les exploitants agricoles et les chanvriers se sont heurtés à des contrôles policiers récurrents et à une réglementation contraignante. Les visites régulières des gendarmes pour vérifier les cultures de chanvre ont compliqué la vie des producteurs, décourageant ainsi certains investissements dans ce secteur.

Impact sur l’innovation et le développement commercial

Malgré des initiatives prometteuses telles que la création de sandales en plastique de chanvre ou de bière au chanvre, le manque de soutien institutionnel et les difficultés d’ordre pratique ont limité la diffusion et la popularité de ces produits sur le marché. Les chanvriers ont fait face à des obstacles dans leur développement commercial, notamment en termes de marketing et de relations avec les autorités.

Influence des politiques publiques et des réglementations 

L’intervention des institutions et des administrations a également été un facteur déterminant dans les difficultés rencontrées par le secteur du chanvre. Les politiques publiques restrictives et les mécanismes de contrôle ont freiné l’émergence d’une véritable industrie du chanvre, malgré ses multiples applications potentielles.

Les conséquences sur le débat public et la liberté d’expression

Ces entraves ont également eu un impact sur la liberté d’expression et le débat public autour du cannabis. Le manque de médias d’opinion spécialisés sur le sujet et les restrictions imposées par la commission paritaire de la presse ont limité la diversité des voix et des perspectives dans les discussions sur le cannabis et ses implications sociales et politiques.

Défis persistants pour les acteurs économiques du secteur

Enfin, les petits acteurs économiques du secteur, tels que les boutiques spécialisées dans les produits dérivés du cannabis, ont continué à faire face à des obstacles majeurs, allant de la difficulté à trouver des fournisseurs fiables à la gestion des comptes bancaires, souvent fermés en raison de l’association avec le CBD et le cannabis.

L’évolution de l’initiative « Chanvre et Compagnie » vers Legalize 

Le projet initial « Chanvre et Compagnie » a été lancé en 2015 avec pour ambition de créer un supermarché dédié au chanvre dans le Nord. Cette idée émanait de la volonté de développer un réseau de fournisseurs et de proposer une diversité de produits dérivés du chanvre.

Défis et complexités dans le secteur du chanvre

Cependant, la concrétisation de ce projet s’est avérée complexe en raison des multiples défis rencontrés dans le secteur du chanvre. La difficulté à trouver des fournisseurs fiables, les exigences de paiement anticipé et le manque de confiance entre les acteurs économiques ont entravé le développement du supermarché.

Perspectives écologiques et économiques du chanvre 

Le marché du chanvre, malgré ses promesses écologiques et économiques, n’a pas atteint le niveau de prospérité espéré. Les applications potentielles du chanvre, telles que la production d’essence ou de biocarburants, ont été discutées depuis longtemps, mais leur concrétisation reste un défi.

Rôle du chanvre dans les énergies renouvelables

Le développement de batteries en chanvre, notamment au Canada, représente un enjeu crucial dans la transition vers des énergies renouvelables. Ces batteries pourraient révolutionner le stockage d’énergie et contribuer à résoudre les défis liés à l’énergie et à l’environnement.

Malgré les attentes et les avancées technologiques dans le domaine du chanvre, notamment dans la miniaturisation des circuits de batteries, il subsiste des interrogations sur l’état actuel des projets et leur impact potentiel sur la question énergétique mondiale.

Défis de l’industrialisation des fibres de chanvre pour les batteries 

L’industrialisation des fibres de chanvre pour les batteries représente un défi majeur malgré les avancées technologiques et les études prometteuses. Bien que des start-up aux États-Unis, notamment en Californie, travaillent sur cette problématique, il n’y a pas encore d’implémentation à l’échelle industrielle.

Complexité et coût de la miniaturisation des fibres de chanvre 

La miniaturisation des fibres de chanvre pour les batteries est un processus complexe et coûteux, ce qui limite leur utilisation à grande échelle. Même si des progrès sont réalisés dans ce domaine, notamment en matière de traitement des fibres, leur utilisation dans les batteries reste marginale.

Potentiel des batteries en chanvre pour révolutionner le secteur énergétique 

Les batteries en chanvre pourraient révolutionner le secteur énergétique en offrant des solutions plus écologiques et durables. Cependant, leur adoption à grande échelle dépend de l’industrialisation et de la réduction des coûts de production.

Tesla et d’autres grandes entreprises pourraient jouer un rôle crucial dans le développement des batteries en chanvre en investissant dans la recherche, l’innovation et l’industrialisation. Le principal défi réside dans la nécessité de trouver des débouchés massifs pour rendre ces batteries accessibles et compétitives sur le marché.

L’impact du discours de Jack Herer sur le chanvre et le cannabis

Le discours de Jack Herer sur le chanvre et le cannabis a eu un impact significatif, notamment en période de prohibition intégrale aux États-Unis. Sa stratégie consistait à mettre en avant le potentiel industriel du chanvre pour contourner le débat sur les drogues stupéfiantes.

Réorientation du discours vers le chanvre industriel 

Face au climat de répression et de stigmatisation des drogues, Jack Herer a opté pour une réorientation du discours vers le chanvre industriel. Son objectif était de reconquérir un lectorat pour des publications comme High Times en mettant en avant les aspects positifs du chanvre.

Stratégie de propagande militante

Jack Herer a adopté une stratégie de propagande militante dans la conception de son livre. Chaque page était conçue comme un tract avec des slogans et des raccourcis pour véhiculer un message pro-chanvre sans aborder la question des drogues stupéfiantes.

Contournement du débat et impact sur les fumeurs

Sa capacité à esquiver le débat sur les drogues stupéfiantes tout en racontant des anecdotes passionnantes sur le chanvre a eu un impact significatif sur les fumeurs et les militants pro-cannabis. Malgré les critiques sur le manque d’honnêteté intellectuelle, cette approche a contribué à ouvrir le dialogue sur le potentiel du chanvre.

La posture de Jack Herer et son discours sur le chanvre 

Jack Herer adoptait une posture stratégique dans son discours sur le chanvre. Il était convaincu que le chanvre avait le potentiel de changer la surface de la Terre, mais il a choisi de mettre en avant les usages industriels du chanvre pour contourner les tabous liés à la consommation de cannabis. Bien que centré sur les usages industriels du chanvre, le livre de Jack Herer abordait également d’autres aspects comme le cannabis thérapeutique, les usages ancestraux et même spirituels du cannabis.

La récompense pour trouver une fausse information

Il y avait une récompense proposée pour quiconque trouverait une fausse information dans le discours de Jack Herer. C’était une stratégie de communication pour renforcer la crédibilité de son discours et défier toute contestation.

Jack Herer était un rhéteur habile qui adorait les débats et avait une intelligence du sujet qui lui permettait d’éviter les sujets controversés. Il était souvent appelé à témoigner en procès liés au cannabis et gagnait souvent grâce à sa maîtrise du sujet et son talent de communicant.

Impact sur la reprise de High Times 

Le discours de Jack Herer a contribué à la reprise de High Times, un magazine historique sur le cannabis qui avait décliné sous l’administration Reagan. Grâce à l’approche de Jack Herer, le magazine a regagné en popularité en mettant l’accent sur les aspects positifs du chanvre et du cannabis.

Réédition de « L’Empereur est nu » et son impact

La réédition de « L’Empereur est nu » est prévue pour intégrer les nouvelles informations accumulées au fil des années, assurant ainsi sa mise à jour. Cette démarche vise à maintenir la pertinence du contenu et à en conserver la valeur informative pour les lecteurs intéressés par le chanvre et le cannabis.

Cependant, la distribution de cette réédition en français rencontre des obstacles complexes. Malgré les efforts déployés, certains exemplaires restent introuvables, ce qui représente une frustration pour ceux qui souhaitent y accéder. La recherche de solutions alternatives, peut-être à travers des podcasts ou d’autres moyens de communication, pourrait contribuer à résoudre cette problématique.

L’Empereur est nu » a marqué l’histoire par son contenu et demeure une référence majeure pour ceux qui souhaitent explorer le domaine du chanvre et du cannabis. Son impact persiste, en faisant souvent partie des premières lectures recommandées pour ceux qui veulent approfondir leurs connaissances sur ces sujets.

Révolution du discours de Jack Herer

Le 18 juin 1993 marquait le 60e anniversaire de Jack Herer, et l’impact de son discours a été significatif. Sa présence à Paris a été saluée avec enthousiasme, et son discours a pris le devant de la scène, déviant du sujet initial prévu. Son intervention a eu un effet surprenant et a changé la tonalité du colloque, attirant l’attention sur des sujets différents de ceux initialement prévus, comme le cannabis thérapeutique.

Impact international

Les événements du 18 juin 1993 et des suivants ont également eu des répercussions au-delà des frontières françaises. En 1994, malgré une participation moindre, des représentants de divers pays se sont réunis pour discuter du cannabis thérapeutique. Ces rencontres ont permis aux militants de différents pays, souvent isolés dans leurs mouvements minoritaires, de se rencontrer, de partager leurs expériences et de renforcer leurs argumentaires communs. Cela a contribué à créer une dynamique positive et à renforcer la conviction que leurs positions étaient justes et partagées par d’autres à l’échelle internationale.

Impact de la censure et de l’isolement

À cette époque, les modes de communication étaient limités, sans les réseaux sociaux ni une couverture médiatique étendue. Selon Michel, la télévision, la radio et même la presse papier en France ne couvraient pas le sujet du cannabis, souvent en raison de l’auto-censure imposée par le gouvernement ou par les éditeurs. Les militants se trouvaient donc dans une position de faiblesse et d’isolement extrême, sans véritable voix dans la société.

Échanges internationaux et dynamique de groupe

Les rencontres internationales, comme celles qui ont eu lieu lors des événements du 18 juin, ont été un catalyseur pour les militants. Ils ont pu rencontrer des militants d’autres pays, échanger des idées, partager leurs expériences et renforcer leur conviction collective. Cela a donné un élan incroyable aux mouvements en France, en Espagne, en Suisse, en Allemagne et ailleurs, stimulant l’activisme et la diffusion des idées sur le chanvre et ses multiples utilisations.

La résistance persistante malgré les progrès

Malgré les avancées significatives comme la légalisation au Canada et les perspectives de légalisation dans d’autres pays, la résistance à la transformation reste forte. Des obstacles persistants entravent le développement de secteurs comme le chanvre légal, notamment les réticences des banques à s’engager dans cette industrie lucrative. Ces signes de résistance reflètent une certaine résilience de la prohibition, même face aux évolutions culturelles et économiques potentielles.

Les défis continus et les batailles à mener

La bataille pour des sujets tels que l’avortement et d’autres enjeux reste ardue, malgré les avancées et les aspirations à un monde plus apaisé et transformé par le cannabis. Des domaines comme la technologie de batterie en chanvre ou la carrosserie ne se généralisent pas aussi rapidement qu’espéré, ce qui souligne les défis persistants dans la mise en œuvre de changements significatifs.

L’évolution complexe du cannabis et du CBD

La perception et l’utilisation du cannabis ont considérablement évolué au fil du temps, avec des hauts et des bas. L’émergence du CBD a joué un rôle majeur dans cette évolution, contribuant à changer les mentalités et à ouvrir de nouveaux débats. Le CBD a permis de sensibiliser davantage sur les bienfaits potentiels du cannabis, même auprès des sceptiques. Aujourd’hui, le CBD est largement accepté, notamment pour ses propriétés thérapeutiques, et il a même donné naissance à une presse spécialisée.

L’essor du CBD et ses implications

Le CBD a également ouvert la voie à une commercialisation plus large du chanvre, avec des produits alimentaires et des utilisations diverses qui sont désormais courantes. Cette évolution a été significative, transformant progressivement les perceptions et les pratiques autour du cannabis. Cependant, malgré ces avancées, il reste encore des défis à relever, notamment en termes de réglementation et de perception sociale.

Des réformes à moitié réussies et des leçons à tirer

Les expériences de légalisation, comme en Uruguay, soulignent les défis et les opportunités associés à la légalisation du cannabis. Bien que des réformes aient été entreprises, elles n’ont pas toujours atteint leurs objectifs initiaux. Par exemple, l’Uruguay a raté l’opportunité de capitaliser sur le tourisme cannabique en n’ouvrant pas suffisamment son marché aux touristes. Cette leçon montre que la légalisation doit être accompagnée d’une approche stratégique pour maximiser ses bénéfices économiques et sociaux.

Favoriser les défavorisés dans la légalisation du cannabis

Le sujet des défavorisés et de la légalisation du cannabis a été longuement abordé, notamment dans le cadre de Cannabis Sans Frontières et des élections régionales en Île-de-France. Lors des élections européennes de 2009, le débat s’est articulé autour de la nécessité de créer un programme prenant en compte cette réalité du marché du cannabis souvent associé aux quartiers populaires. Cette problématique a suscité des discussions et des interrogations quant aux conséquences sociales et économiques d’une légalisation.

Des arguments ont été avancés lors de colloques et de réunions à huis clos, notamment au Sénat, mettant en lumière les défis liés à la légalisation du cannabis et à son impact sur les quartiers défavorisés. Certains ont souligné que les dealers, bien que critiquables, jouent un rôle économique en fournissant des ressources financières aux familles des quartiers concernés.

La question de la légalisation et de la distribution du cannabis a été soulevée : si elle se fait à travers des officines de pharmacie, quel sera le devenir des dealers et de leurs activités économiques ? Cette interrogation révèle les enjeux complexes liés à la légalisation du cannabis et à sa gestion, notamment en termes de santé publique et de stabilité sociale dans les régions concernées.

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Distribution contrôlée d’héroïne : Une solution à explorer

Le sujet de la distribution contrôlée d’héroïne a été soulevé comme une alternative à la méthadone et au subutex dans la lutte contre la toxicomanie. Cette approche, déjà expérimentée avec succès par John Marks à Liverpool dans les années 80, a été interrompue pour des raisons discutables. Selon Michel, elle pourrait offrir une solution efficace pour résoudre le problème de la junkitude en donnant aux dealers une voie de reconversion tout en répondant aux besoins des consommateurs.

Une approche équilibrée de la légalisation

La légalisation du cannabis suscite également des débats complexes quant à sa gestion et sa distribution. Des propositions variées ont été évoquées, allant de la libéralisation totale à des approches plus régulées. En Californie, des expériences ont été tentées, notamment en imposant aux commerces de cannabis d’être situés dans les quartiers défavorisés. Cependant, ces mesures ont parfois eu des effets inattendus, soulignant la nécessité de réfléchir à des modalités plus précises.

Un schéma de distribution contrôlée

Une réflexion approfondie a été menée, notamment à travers des propositions détaillées pour un système de distribution contrôlée du cannabis. Ce schéma complexe envisage un monopole partiel sur certaines parties de l’activité, telles que la transformation et la commercialisation. L’idée est de créer des coopératives dans les quartiers défavorisés, favorisant ainsi l’emploi des jeunes et le contrôle de qualité des produits.

Une approche progressive et réfléchie

L’idée principale est de concentrer les activités liées à la distribution dans ces zones défavorisées tout en permettant une certaine liberté et flexibilité dans le système. Cela implique la création de pôles d’activité spécifiques et une collaboration étroite avec les acteurs locaux pour assurer une gestion équilibrée et bénéfique pour la société dans son ensemble.

Approches complètes pour favoriser les défavorisés

Dans le débat sur la légalisation du cannabis et la distribution contrôlée d’héroïne, il est crucial de ne pas se contenter de solutions simplistes. Des approches plus complexes sont nécessaires pour prendre en compte tous les aspects de cette problématique, notamment en ce qui concerne les défavorisés et les quartiers populaires.

Des propositions différenciées

Certaines propositions suggèrent de prioriser les personnes ayant été condamnées pour des délits liés au cannabis, tandis que d’autres optent pour des critères de périmètre géographique. Chacune de ces approches comporte des avantages et des inconvénients. Il est donc important de trouver un équilibre entre ces différents facteurs pour une politique équilibrée.

Une politique de relance

En mettant l’accent sur la distribution contrôlée d’héroïne dans les quartiers défavorisés, cela pourrait être une opportunité de relance économique et sociale. Ces quartiers ont souvent été négligés par les politiques urbaines traditionnelles, et cette initiative pourrait apporter un réel dynamisme en créant des emplois et en stimulant l’activité économique.

Un potentiel d’engagement des jeunes

Une approche de ce type pourrait également être un moyen efficace d’engager les jeunes dans des activités qui les intéressent réellement. Le secteur du cannabis et des produits dérivés attire souvent les jeunes, que ce soit par intérêt pour la culture ou par curiosité. En offrant des opportunités d’emploi et de formation dans ce domaine, on pourrait motiver les jeunes et leur fournir des perspectives d’avenir positives.

Des espaces culturels dynamiques

En plus des aspects économiques, cette approche pourrait également contribuer à la création d’espaces culturels dynamiques. Des lieux comme des méga coffee shops avec des activités culturelles comme des concerts pourraient être des points d’attraction importants pour les jeunes et les habitants des quartiers concernés.

Éviter la stigmatisation dans les politiques

Lorsqu’on aborde des politiques visant à favoriser les défavorisés dans le contexte de la légalisation du cannabis et de la distribution contrôlée d’héroïne, il est crucial de ne pas créer de stigmatisation. Il ne faut pas réduire les individus à une seule identité basée sur leur situation sociale ou leurs antécédents.

Équilibre culturel et économique

La politique culturelle liée à ces initiatives doit jouer un rôle important. Il est essentiel de créer des plateformes culturelles pour les jeunes concernés, comme ceux engagés dans le rap. Bien que ce genre musical ait pris une place importante sur le marché du disque, il manque encore de visibilité dans les médias traditionnels. Les jeunes artistes ont besoin de soutien pour accéder à des salles de concert et d’autres infrastructures culturelles.

Contre les sanctions excessives

En parallèle, il est crucial de critiquer les politiques répressives et les sanctions excessives, comme les amendes forfaitaires. Ces mesures, lorsqu’elles sont trop sévères, peuvent créer une atmosphère hostile et injuste pour les individus concernés. Il est important de promouvoir des approches plus équilibrées et humaines face à ces questions.

Approches fiscales et économiques

Dans le contexte des politiques visant à favoriser les défavorisés et à développer l’économie liée au cannabis, il est crucial d’adopter des approches fiscales et économiques réfléchies. Plutôt que de multiplier les amendes qui pèsent principalement sur les personnes les plus vulnérables et qui ne règlent pas le problème, il serait plus judicieux de privilégier l’entrepreneuriat et de générer des revenus par le biais de la TVA et d’autres taxes.

Soutien aux petites entreprises et simplification fiscale

La simplification fiscale et la réduction des taxes pour les petites entreprises et les initiatives économiques dans les quartiers défavorisés sont des aspects essentiels. Il est important de soutenir le développement de Pôle emploi et de favoriser l’agriculture avec des taxes minimales voire inexistantes. Simplifier la comptabilité pour les populations défavorisées et offrir un accompagnement par le biais de centres spécialisés contribuerait également à leur insertion économique.

Potentiel économique du tourisme

Le tourisme représente un potentiel économique majeur, notamment à Paris, l’une des principales destinations touristiques mondiales. Développer la vente aux touristes et diversifier les produits dérivés du cannabis pourraient créer une véritable manne financière pour la ville et soutenir l’économie locale.

Débat sur l’image et l’acceptabilité sociale

Cependant, il convient de reconnaître que l’acceptabilité sociale et l’image de la ville peuvent être des enjeux sensibles. Intégrer la culture du cannabis dans l’image de Paris soulève des questions complexes, notamment en ce qui concerne les différentes sensibilités et les attentes des divers électeurs et de la haute administration.

Promouvoir l’entrepreneuriat et l’éducation

L’avenir du cannabis et du chanvre offre des opportunités considérables pour inclure les jeunes dans l’entrepreneuriat, promouvoir l’éducation, briser les tabous et proposer des produits de qualité. Ces initiatives pourraient avoir un impact positif sur la santé, l’énergie, l’agriculture et l’alimentation, ouvrant ainsi la voie à des avancées significatives dans ces domaines.

Besoin de sensibilisation et d’information

La sensibilisation du public et la diffusion d’informations précises sont essentielles dans ce contexte. La création de presse spécialisée, de livres et de ressources informatives contribuerait à éclairer le débat et à informer le public sur les enjeux liés au cannabis et au chanvre.

Valorisation du travail de synthèse et de structuration

Le travail de synthèse et de structuration, notamment dans la rédaction de livres spécialisés, est d’une importance capitale. Il permet de compiler les témoignages et les connaissances des experts, offrant ainsi une ressource précieuse pour approfondir la compréhension de ces sujets complexes et émergents.

Impact sur la société et l’économie

Enfin, ces initiatives ne se limitent pas à la sphère individuelle, mais ont également un impact sur la société et l’économie dans leur ensemble. Elles favorisent l’innovation, la création d’emplois et la croissance économique tout en contribuant à une meilleure compréhension et à une utilisation responsable des ressources liées au cannabis et au chanvre.

Dans cette exploration des opportunités offertes par le cannabis et le chanvre avec Michel Sitbon, nous avons à peine effleuré la surface des possibilités qui se dessinent. Si vous souhaitez continuer cette découverte, rejoignez-nous pour un autre épisode de Parlons Canna avec un invité spécial, comme chaque semaine.

 

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