Chanvre français : Défis et avenir incertain, avec Jérémy Gaillard, AFPC – Ferme Bio de Pigerolles

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Bonjour à tous et bienvenue sur Parlons Canna. Aujourd’hui, nous avons l’honneur d’accueillir Jérémy Gaillard. Il s’agit d’un professionnel aux multiples compétences et une vaste expérience dans le domaine du chanvre CBD au sein de l’AFPC et de la Ferme Bio de Pigerolles, que nous avons déjà eu l’honneur de découvrir avec Jouany Chatoux dans un épisode précédent. Nous explorerons le parcours de Jérémy dans le secteur et apprendrons à le connaître brièvement. Ensuite, nous ferons un aperçu de la Ferme bio de Pigerolles aujourd’hui : quelles sont les activités en cours ? Quelle est l’ampleur du projet et comment a-t-il évolué au fil du temps ? Allons-y!

Un nouveau départ à la Ferme Bio de Pigerolles

Jérémy Gaillard : Une évolution vers la culture du chanvre

Jérémy Gaillard se présente sobrement comme un acteur clé de la Ferme Bio de Pigerolles depuis 2018. Son arrivée a marqué un tournant majeur pour cette exploitation initialement axée sur la polyculture élevage. Historiquement dédiée aux races locales et à diverses cultures agricoles, l’exploitation a amorcé un virage significatif sous l’impulsion de Jérémy et de ses associés. Leur ambition : intégrer la culture du chanvre actif, une décision audacieuse qui a propulsé la ferme dans de nouveaux horizons.

De l’expérience du cannabis au CBD

Lorsqu’on lui demande son passé, Jérémy révèle une trajectoire atypique. Bien qu’il n’ait pas été agriculteur à proprement parler, son expertise dans le domaine du cannabis est indéniable. Depuis ses 18 ans, il évolue dans le secteur du cannabis, tant sur le plan commercial que pratique. Ses activités commerciales, allant des boutiques physiques aux participations aux foires et festivals à travers la France, ont été un tremplin vers la reconnaissance de ses compétences et celles de nombreux autres acteurs du secteur.

Le CBD : Un nouveau chapitre de l’histoire du cannabis

L’évolution vers le CBD représente bien plus qu’un simple virage commercial pour Jérémy et son équipe. C’est l’émergence d’une nouvelle ère dans l’histoire du cannabis, où des talents autrefois méconnus ont l’opportunité de s’exprimer pleinement. La culture du chanvre actif a ouvert la voie à des initiatives innovantes et à une reconnaissance accrue des compétences individuelles au sein de l’industrie.

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Crédit : Ferme Bio de Pigerolles

Expansion et diversification à la Ferme Bio de Pigerolles

La culture du chanvre CBD : Deux voies, une approche

Jérémy Gaillard évoque avec passion l’évolution de la Ferme Bio de Pigerolles vers la culture du chanvre CBD. Ils ont adopté deux approches distinctes pour cette culture. La première, le chanvre fleur, se concentre sur la production de fleurs de haute qualité destinées aux marchés spécialisés tels que les CBD Shops, les bureaux de tabac et les points de vente haut de gamme. Cette section représente environ 7 hectares depuis deux ans, avec des prévisions similaires pour l’année en cours. La deuxième approche se focalise sur le chanvre industriel, cultivé sur des parcelles éloignées de la ferme. Cette partie utilise des méthodes de récolte spécifiques pour valoriser la fibre, la graine et les extraits de CBD ou de CBG, destinés aux industriels et transformateurs pour des produits cosmétiques et alimentaires.

Des méthodes de récolte spécifiques pour valoriser chaque partie de la plante

Jérémy souligne l’importance des méthodes de récolte spécifiques mises en place pour le chanvre industriel. Les outils et les techniques utilisés permettent de valoriser la fibre, les graines et les extraits de CBD ou de CBG, qui sont ensuite transformés en produits finis tels que cosmétiques et produits alimentaires. Ce processus, bien que moins concentré en CBD que la culture de chanvre fleur, produit des extraits de grande qualité contenant tous les cannabinoïdes essentiels de la plante.

Un travail méticuleux adapté à chaque culture

Selon Jérémy, le travail à la ferme varie considérablement en fonction de la culture du chanvre. Le chanvre industriel est séché dans des séchoirs à céréales, un processus rapide prenant 2 à 3 jours pour sécher des tonnes de matière. En revanche, le chanvre fleur nécessite un séchage plus délicat et plus long, de 10 à 15 jours, suspendu tête en bas. Cette méthode, plus proche du travail des maraîchers, exige un soin particulier pour préserver la qualité des produits.

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Crédit : Ferme Bio de Pigerolles

La valorisation de la fibre de chanvre : Une collaboration fructueuse

Le partenariat innovant avec le voisin

Interrogé sur la valorisation de la fibre de chanvre, Jérémy Gaillard révèle une stratégie collaborative novatrice. Actuellement, la ferme ne valorise pas encore la fibre elle-même, mais collabore avec un voisin spécialisé dans le béton de chanvre. Un accord a été conclu : la ferme récupère les fleurs pour la production de CBD et de graines, tandis que le voisin prend en charge toute la fibre pour la valoriser dans le domaine du béton de chanvre.

L’innovation et la reconnaissance du secteur

Jérémy exprime son enthousiasme pour cette initiative, soulignant qu’ils sont parmi les pionniers en France dans ce virage vers la valorisation de la fibre de chanvre. Cependant, il reconnaît également le travail précurseur de certains acteurs comme Chanvr’Bio Détente. Néanmoins, leur démarche se distingue par une approche audacieuse et médiatisée pour rendre leur culture de chanvre légale.

Un engagement médiatique et un soutien local crucial

Il explique que leur première culture en 2019 était en dehors du cadre juridique établi, mais ils ont assumé ce choix et l’ont médiatisé. Leur collaboration avec les autorités locales, notamment le département de la Creuse, a été essentielle. Sur le plateau de Millevaches, une région à faible densité de population où l’agriculture et la foresterie sont les principaux secteurs d’activité, cette initiative a été perçue comme une opportunité de revitaliser l’agriculture et de créer de l’emploi. Le soutien local a été déterminant pour rétablir cette culture et la rendre viable dans leur région.

Une approche innovante de la culture du chanvre fleur

Selon Jérémy, leur démarche n’était pas seulement axée sur la culture du chanvre industriel pour ses principes actifs, mais surtout sur une approche industrielle pour la récolte de la fleur. Cette approche est peu répandue et doute même qu’il y ait d’autres exploitations en France qui adoptent cette méthode. Pour eux, cela impliquait l’utilisation de matériel spécifique. 

Heureusement, l’exploitation était déjà équipée de séchoirs à céréales et de tracteurs, ce qui leur a été bénéfique. Ils ont également investi dans une récolteuse, une machine ultra spécifique importée de Croatie. Cela témoigne de leur engagement à suivre une voie innovante dans la culture du chanvre industriel. Jérémy reconnaît le travail pionnier de Pierre-Yves Normand dans ce domaine en France. Selon lui, peu de personnes avaient tenté cette approche avant eux.

Le défi de la transparence dans la culture du chanvre

Des directives légales restrictives

parlons maintenant du manque de transparence dans le marché des semences de chanvre. Sur la clarté du cadre légal actuel, seuls les agriculteurs en activité ont le droit de cultiver du chanvre, à condition d’utiliser des semences répertoriées dans le catalogue européen des semences, qui sont actuellement limitées à une poignée de variétés légales. Cependant, des semences hors catalogue sont disponibles sur le marché, mais leur culture n’est pas autorisée et peut entraîner des conséquences légales.

Un travail d’adaptation et d’innovation

À la Ferme Bio de Pigerolles, Jérémy et son équipe ont entrepris un projet de sélection et de création de leurs propres semences. Depuis 2019, ils travaillent sur des variétés spécifiques, adaptées à leurs besoins et à leur environnement. Cela leur a permis de créer des variétés acclimatées qui répondent à leurs attentes. Jérémy évoque également l’inauguration de ces installations par un ministre de l’écologie. Cette initiative témoigne de leur volonté d’innover et d’adapter leurs pratiques aux contraintes légales et environnementales.

Des défis et des opportunités

Il met en garde contre les risques légaux associés à la culture de variétés hors catalogue, tout en exprimant une certaine frustration quant aux limitations imposées par le catalogue européen des semences. En effet, cette standardisation peut entraver l’innovation et la diversité dans le secteur du chanvre. Jérémy souligne également les difficultés rencontrées par la filière du chanvre catalogue, confrontée à une concurrence féroce due à la similarité des variétés autorisées. Cette uniformisation risque de limiter la différenciation des produits sur le marché.

Le bouturage expliqué par Jérémy

La technique du bouturage

La technique du bouturage consiste à multiplier une plante en préservant toutes ses caractéristiques. Cela se fait en prélevant de petites branches que l’on replante pour qu’elles développent leurs propres racines. Cette méthode permet d’obtenir des plantes génétiquement identiques, contrairement à la culture à partir de graines qui peut engendrer des variations indésirables.

Éviter les problèmes de variabilité

Avec le bouturage, on évite également le problème de la variabilité des plantes issues de graines. En effet, chaque graine peut donner naissance à une plante différente, ce qui peut poser des défis en termes d’uniformité dans une culture. Bien que certaines variétés de graines donnent des cultures plus homogènes, le risque de variations demeure présent.

Gestion du « sexage » et compétitivité

Une autre particularité du bouturage est qu’il évite le « sexage », c’est-à-dire la nécessité de surveiller et d’éliminer les plants mâles qui peuvent apparaître dans une culture issue de graines. Cette surveillance constante représente un travail supplémentaire et peut affecter les coûts de production.

Défis de concurrence déloyale

En France, les producteurs sont confrontés à des défis de concurrence déloyale par rapport à d’autres pays européens qui autorisent le bouturage. Cette disparité réglementaire impacte directement la compétitivité des producteurs français sur le marché.

L’impact du bouturage sur la compétitivité

Dans le monde du cannabis, le bouturage représente bien plus qu’une simple technique de multiplication végétative. C’est un enjeu majeur pour les producteurs français, confrontés à des défis réglementaires qui freinent leur compétitivité sur le marché européen.

Des contraintes légales qui limitent l’innovation

Jérémy Gaillard, défenseur de l’innovation agricole, souligne l’ironie de la situation : alors que de nombreux pays adoptent le bouturage comme une pratique standard, la France reste contrainte par des réglementations restrictives. Ces limitations impactent directement la capacité des producteurs à offrir des produits de qualité et compétitifs.

Le bouturage, une pratique mondiale

Dans le vaste paysage de l’industrie du cannabis, le bouturage est un maillon essentiel. Il permet de préserver les caractéristiques génétiques recherchées, garantissant ainsi une culture homogène et de qualité. Pourtant, en France, cette pratique se heurte à des barrières légales qui freinent l’élan d’une filière en plein essor.

Des démarches innovantes contrariées

Les efforts de l’Association Française des Producteurs de Cannabinoïdes pour promouvoir des pratiques innovantes se heurtent aux contraintes imposées par certains acteurs. La volonté de créer une filière diversifiée et compétitive se trouve entravée par des régulations qui freinent l’essor économique et technologique de ce secteur.

La mainmise sur la filière cannabis : Tentative d’accaparement

La lutte pour le contrôle de la filière du cannabis en France prend des contours complexes et stratégiques. Jérémy Gaillard expose les manœuvres des acteurs clés visant à s’approprier et à centraliser cette industrie naissante.

La volonté de contrôle et de profit

Jérémy dévoile les arrière-pensées des acteurs influents dans le domaine du cannabis. À travers la création de partenariats et de syndicats comme Interchanvre et l’UIVEC, les intérêts économiques et de contrôle se dessinent clairement. Ces entités cherchent à monopoliser la filière, en imposant des conditions drastiques aux producteurs.

Des stratagèmes législatifs contestés

Les stratégies utilisées pour asseoir ce contrôle ne sont pas passées inaperçues. Les tentatives de régulation visent à écarter les producteurs indépendants au profit d’un système de distribution contrôlé et exclusif. Cette mainmise sur la filière représente une menace pour la diversité et l’innovation dans le secteur.

La résistance des producteurs

Face à cette tentative d’accaparement, les producteurs organisés en syndicat ont fait front. Leur action rapide et coordonnée a permis de contester les mesures restrictives et d’empêcher une mainmise totale sur la filière. Cependant, cette lutte révèle les enjeux majeurs liés à la réglementation de cette industrie en pleine expansion.

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Les coulisses du pouvoir : Lobbyisme et manipulation des lois

Jérémy Gaillard dévoile les mécanismes subtils qui influent sur l’élaboration des lois, mettant en lumière le rôle déterminant des lobbyistes dans le processus législatif. Cette réalité concerne non seulement la filière du cannabis mais s’étend à toutes les industries, où les intérêts des plus puissants dictent souvent les règles du jeu.

L’influence des lobbyistes sur la législation

Dans un système où les propositions de loi sont souvent dictées par des lobbyistes, ceux qui disposent du plus grand pouvoir d’influence parviennent à imposer leurs volontés. Jérémy souligne le poids financier et la force de persuasion des lobbyistes, capables de façonner les lois selon leurs intérêts économiques.

Le combat pour préserver la liberté

Face à cette réalité, Jérémy évoque la résistance organisée des acteurs de la filière du cannabis. Cette communauté, marquée par son esprit indépendant et créatif, refuse de se plier aux normes imposées de manière autoritaire. C’est cette liberté d’action et cette capacité à rester créatifs qui donnent à la filière son caractère unique et innovant.

Une filière à l’ADN rebelle

La filière du cannabis est ainsi décrite comme un espace où la liberté et la créativité prévalent, un reflet de ce qui se passe dans le monde underground. Les acteurs de cette filière ont une propension naturelle à défendre leur liberté et à résister aux tentatives de mainmise ou de normalisation trop rigide.

État des lieux de la filière en début d’année 2024

Jérémy Gaillard expose les défis actuels de la filière du cannabis en ce début d’année 2024, mettant en lumière les obstacles et les incertitudes qui persistent malgré les avancées. La réception d’une notification de saisie douanière révèle les tensions persistantes autour du taux de THC autorisé, avec des conséquences directes sur les producteurs comme lui.

Les défis juridiques et logistiques

La menace d’une saisie douanière et les procédures judiciaires qui s’ensuivent représentent un fardeau financier et logistique pour les acteurs de la filière. Jérémy souligne les efforts nécessaires pour défendre la légalité de leur marchandise, illustrant ainsi les défis juridiques et logistiques auxquels ils doivent faire face au quotidien.

Vers une filière plus sûre et stable

Malgré ces défis, Jérémy reste optimiste quant à l’avenir de la filière. Toutefois, il met en garde contre les propositions hâtives visant à augmenter le taux de THC autorisé à 1%, soulignant les risques potentiels et les problèmes supplémentaires que cela pourrait entraîner. Pour lui, la clé réside dans la stabilité juridique et la sécurité pour les producteurs afin de favoriser un développement durable de la filière.

Un appel à la prudence et à la solidarité

En conclusion, il appelle à la prudence et à la solidarité au sein de la filière du cannabis, soulignant l’importance de rester vigilants face aux défis actuels et de travailler ensemble pour surmonter les obstacles et construire un avenir plus sûr et plus stable pour tous les acteurs impliqués.

Optimiser la filière du chanvre par la formation

Dans le secteur dynamique du chanvre, la formation joue un rôle crucial pour ceux qui s’initient à cette activité. Jérémy, impliqué depuis des années et bénéficiant d’une solide réputation, partage son expérience et met en avant les défis et les opportunités qui jalonnent le parcours des nouveaux acteurs.

Prévention des malentendus

Au cœur de cette démarche éducative se trouve la prévention des malentendus. Beaucoup se lancent dans la culture du chanvre avec des attentes disproportionnées, souvent nourries par des récits sensationnels ou des promesses irréalistes. La formation, à travers ses volets réglementaires et pratiques, offre une perspective plus équilibrée et éduque sur les réalités du marché.

Connaissances pratiques et commerciales

Les participants aux formations de l’AFPC reçoivent un enseignement complet qui aborde non seulement les techniques de culture et les aspects légaux, mais aussi les enjeux commerciaux. Il s’agit de les armer avec les connaissances nécessaires pour naviguer avec succès dans un environnement concurrentiel et réglementé.

Éviter les écueils du marché

Selon Jérémy, ces formations sont importantes pour éviter les pièges courants du marché. Des vendeurs peu scrupuleux peuvent présenter le secteur du chanvre comme un Eldorado sans évoquer les défis et les risques réels. La formation éduque sur ces sujets et encourage une approche réaliste et responsable de l’activité.

Conseils pratiques pour se lancer dans le chanvre en 2024

Pour tout agriculteur ou agricultrice envisageant de se lancer dans la culture du chanvre cette année, voici quelques conseils pratiques issus de l’expérience de Jérémy et des formations de l’AFPC :

1. Informez-vous sur les coûts de revente

Avant de plonger tête baissée, il est crucial de bien se renseigner sur les coûts réels de revente de la matière de chanvre. Les attentes financières peuvent parfois être très éloignées de la réalité du marché, il est donc essentiel d’avoir une vision claire et réaliste des bénéfices potentiels.

2. Maîtrisez la réglementation

La connaissance approfondie de la réglementation est une clé majeure du succès. Bien que chacun reste libre de ses choix, comprendre et respecter la réglementation permet d’éviter de nombreux problèmes et complications juridiques qui pourraient survenir par la suite.

3. Concentrez-vous sur la distribution et la vente directe

La culture du chanvre en soi n’est pas particulièrement complexe pour un agriculteur aguerri. Ce qui demande plus d’expertise et de travail est la distribution et la vente des produits dérivés, notamment pour la fleur de chanvre. Se lancer dans des circuits de distribution courts comme la vente directe, les marchés locaux et les petites boutiques peut être plus rentable et éviter les difficultés liées aux grossistes.

Jérémy ajoute que :

“Là, ça va être la nouvelle saison. Il y a pas mal de personnes qui vont se lancer à nouveau dans cette activité. Et ce serait bien qu’elles aient ces informations-là afin de se renseigner et de faire les choses en connaissance de cause. Aujourd’hui, il y a beaucoup de désinformation qui circulent, et il est vraiment bien de donner les bonnes informations à des personnes qui souhaitent se lancer. Après, qu’elles les respectent ou pas, c’est leur problème, mais il est important qu’ils partent en connaissance de cause.” 

La TVA et le chanvre

Diversité des usages et taux de TVA

Le chanvre est une plante aux multiples usages, allant de la cosmétique à l’alimentaire, en passant par la consommation de ses fleurs. Chaque usage peut être soumis à un taux de TVA différent, selon sa catégorisation.

Principe de catégorisation

En principe, la TVA varie en fonction de l’utilisation finale du produit dérivé du chanvre. Par exemple, si celui-ci est destiné à être consommé comme aliment, il peut bénéficier d’un taux réduit de TVA, tandis que s’il est vendu comme un produit fumable, le taux de TVA applicable peut être plus élevé.

Logique de différenciation

La logique de différenciation des taux de TVA repose sur l’usage effectif du produit. Ainsi, si le chanvre est incorporé dans des produits alimentaires ou cosmétiques, il pourrait logiquement être soumis à un taux de TVA réduit correspondant à ces catégories.

Analogie avec d’autres produits

Cette logique n’est pas exclusive au chanvre ; d’autres produits sont également soumis à des taux de TVA différents en fonction de leur utilisation finale. Par exemple, une tomate peut avoir un taux de TVA varié selon qu’elle est vendue comme aliment, comme ingrédient dans un produit transformé, ou comme plat dans un restaurant.

La TVA appliquée au chanvre devrait être donc déterminée par son usage final, suivant les catégories établies pour d’autres produits similaires.

Le cannabis thérapeutique en France, vu par Jérémy Gaillard

Mise en place de nouvelles structures

La discussion sur le cannabis thérapeutique est d’actualité avec des épisodes programmés dans les semaines à venir. Une nouvelle entité appelée Santé France Cannabis a été créée pour gérer cette filière spécifique.

Obstacles et réalités

Lors des auditions par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), des points cruciaux ont été soulevés. Malgré les ambitions, il est clair que les normes actuelles ne permettront pas le développement d’une culture de cannabis médical en France. Les contraintes réglementaires sont telles que les agriculteurs français n’ont aucune incitation à s’engager dans cette voie.

Projet abandonné et pertes

Le témoignage de la Ferme Bio de Pigerolles est révélateur des difficultés rencontrées. Un projet d’expérimentation du cannabis médical en Creuse a été sérieusement entravé par l’arrivée de la pandémie de Covid-19. Les rendez-vous et les avancées dans cette filière ont été perdus, mettant en lumière le manque d’intérêt des autorités sanitaires à l’époque.

Nouveau texte législatif

Récemment, un nouveau texte visant à autoriser la culture du cannabis thérapeutique a été publié. Cependant, selon les observations, ce texte est jugé catastrophique pour l’agriculture française. Il semblerait que les grandes entreprises pharmaceutiques françaises se soucient davantage de l’achat, de la transformation et de la distribution que du développement d’une culture nationale.

Opportunités manquées

Cette situation soulève des questions sur la leçon tirée de la pandémie de Covid-19, où il était question de rapatrier la production de médicaments en France. L’opportunité de démarrer une filière avec une culture française est là, mais les obstacles réglementaires restent un frein majeur, notamment en comparaison avec nos voisins européens.

Le pouvoir des lobbies et les conséquences sur la filière du cannabis thérapeutique

L’influence des lobbies

L’évocation des lobbies soulève un constat amer : ceux qui défendent leurs intérêts ont des moyens considérables. Il s’agit de sociétés avec des budgets de plusieurs millions d’euros dédiés au lobbying pour faire prévaloir leurs intérêts. C’est un niveau de lobbyisme particulièrement compétent et efficace.

Impact dévastateur

L’analyse économique est claire : le coût de production imposé par les normes françaises rend la culture du cannabis thérapeutique 18 fois plus chère que dans d’autres pays. Cette disparité rend toute tentative de développement de cette filière extrêmement difficile, voire impossible.

Conséquences directes

Le texte législatif récemment publié a été qualifié de destructeur pour la filière française du cannabis thérapeutique. Malgré les conseils avisés donnés lors des auditions par de nombreux acteurs, ces recommandations ont été ignorées. La conséquence directe est la perte de cette filière au profit des grands industriels, condamnant ainsi l’émergence d’une filière nationale de cannabis thérapeutique.

Contact et ressources

Pour toute question concernant la filière agricole ou le cannabis thérapeutique, vous pouvez contacter l’Association Française des Producteurs de Chanvre (AFPC). L’AFPC est spécifiquement dédiée aux agriculteurs et offre des informations pertinentes ainsi qu’une adhésion permettant de structurer et de soutenir la filière.

“Si vous avez des questions spécifiques à la Ferme Bio de Pigerolles, vous pouvez également trouver des informations détaillées en ligne. Visitez notre site web en recherchant « Ferme Bio de Pigerolles » sur Internet. Vous y trouverez des articles, des vidéos, des reportages et toutes les informations nécessaires. Notre adresse e-mail est également disponible sur le site pour toute communication. Nous nous efforçons de répondre à tous les messages, bien que le délai de réponse puisse varier en fonction du nombre de demandes que nous recevons quotidiennement”.

 

Merci à tous d’avoir suivi cet épisode sur les défis et les opportunités de la filière du chanvre en France. La semaine prochaine, nous aurons un nouvel invité avec des perspectives et des expériences tout aussi captivantes à partager. Restez sur Parlons Canna et ne manquez pas notre prochain épisode ! 

 

Cliquez ici pour écouter le podcast de Jérémy Gaillard