Karl Anihia – Syndicat Polynésien du Chanvre (SPC) : L’information et l’éducation avant tout !

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Bonjour à tous et bienvenue sur “Parlons Canna” aujourd’hui ! Nous sommes ravis d’être en compagnie de Karl Anihia, président adjoint du Syndicat Polynésien du Chanvre (SPC). Dans cet épisode, nous allons explorer les spécificités de la culture du cannabis en Polynésie française et aborder de nombreux sujets intéressants. Karl est un passionné du cannabis depuis de nombreuses années. Sa fascination pour cette plante a commencé à un jeune âge, lorsqu’il a été initié aux pratiques ancestrales de culture du cannabis par ses aînés en Polynésie. Ayant grandi dans ce riche héritage, Karl a développé une connaissance approfondie de la plante, de ses variétés et de ses utilisations traditionnelles. Avant de parler cannabis, découvrons ensemble sa personnalité et son parcours.

Karl, un passionné engagé dans la légalisation du cannabis

Permettez-nous de vous présenter Karl Anihia, une personnalité engagée dans la promotion et la légalisation du cannabis en Polynésie française. À l’âge de 40 ans, il est un père comblé d’un petit garçon de huit ans, une source de joie et de fierté dans sa vie. Né sur une petite île de 28 km², abritant une population de 2000 habitants, Karl est originaire d’une région connue localement sous le nom de “Grenier du cannabis”. Cependant, il n’a pas baigné dans cet univers depuis son plus jeune âge.

Après avoir terminé ses études à Tahiti, Karl a eu une expérience inhabituelle en tant que gendarme adjoint volontaire à l’aéroport international de Roissy, à Paris. Ce contraste étonnant entre sa carrière passée en France et son rôle actuel en tant que militant et président pour la légalisation du cannabis en Polynésie a marqué son parcours. Son expérience en tant que gendarme lui a été précieuse et lui a permis de développer des compétences qui l’aident aujourd’hui dans sa mission.

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Le contexte politique de la Polynésie française et la volonté de légalisation du cannabis

La Polynésie française, située dans l’Océan Pacifique, est un territoire français à part entière. Son territoire s’étend sur une superficie équivalente à celle de l’Europe, et son système politique est similaire à celui de la France métropolitaine. La Polynésie dispose d’un président et d’une assemblée territoriale, équivalente à l’assemblée nationale en France, qui légifère et prend des décisions politiques.

Récemment, la Polynésie française a connu un changement de gouvernement, marqué par une ouverture d’esprit et une plus grande tolérance envers la question de la légalisation du cannabis. Le président actuel soutient la légalisation du cannabis à des fins thérapeutiques, médicales, industrielles et même récréatives, et a déposé un projet de loi à l’assemblée nationale l’année dernière. Ce projet est actuellement en cours d’analyse au CESE (Conseil économique, social et environnemental). L’objectif de cette proposition de loi est de faire de la Polynésie un terrain d’expérimentation pour la légalisation du cannabis au niveau national.

Les pouvoirs du président de Polynésie et les compétences propres à la région

Les pouvoirs étendus du président de Polynésie

Le président de Polynésie bénéficie de pouvoirs étendus qui lui permettent de prendre des mesures importantes en matière de législation. Ces pouvoirs sont accordés en raison de la souveraineté du pays, qui repose entre les mains du président. Ainsi, le président de Polynésie a la possibilité de demander directement au gouvernement central de permettre une expérimentation dans la région.

Les compétences propres à la Polynésie

Certaines compétences sont spécifiques à la Polynésie et à son président. Par exemple, dans le domaine de l’agriculture, la compétence revient au pays. Cela signifie que la Polynésie a le droit de mener des recherches et de développer des réglementations dans ce domaine. Ces compétences propres permettent à la région de réfléchir à un cadre de légalisation et de réglementation spécifique à la Polynésie française.

La proposition de loi pour une expérimentation du cannabis récréatif

Le président de Polynésie a proposé une loi à l’assemblée nationale pour permettre une expérimentation de l’usage récréatif du cannabis par le biais des Cannabis Social Club. Son idée est de tester cette approche en Polynésie, puis, si l’expérience se révèle concluante, de l’étendre éventuellement à la métropole en France. Cette démarche vise à répondre aux inquiétudes des autorités françaises concernant d’éventuels débordements liés à une expérimentation menée sur le territoire français. La Polynésie, en raison de son éloignement géographique, offre un cadre propice à une analyse approfondie de la situation.

Le développement économique et l’autonomie de la Polynésie

Les compétences imposées à la Polynésie, telles que l’agriculture, la santé, la fiscalité, etc., permettent de réfléchir à un cadre de légalisation et de réglementation spécifique à la Polynésie française. Cette approche favoriserait le développement économique autonome de la région, qui dépend actuellement largement des importations. La relation avec l’État français est basée sur des discussions et un soutien continu, avec une volonté de travailler ensemble pour trouver des solutions adaptées.

Les avantages de la légalisation du cannabis pour la Polynésie

Les bénéfices pour la santé publique

La légalisation du cannabis, notamment à des fins médicales et thérapeutiques, revêt une importance cruciale pour la Polynésie. La pandémie de COVID-19 a révélé les limites de l’autonomie en matière de création de médicaments et de soins. Pendant cette période, la population de Tahiti a pu constater les bienfaits des huiles de cannabis et des baumes pour soulager certains symptômes. Il est donc essentiel de réfléchir à une autonomie en matière de santé afin d’être mieux préparé en cas de nouvelle crise sanitaire. D’autres régions telles que la Réunion, la Guadeloupe et la Martinique ont déjà utilisé des plantes endémiques pour soigner leur population. Ainsi, il est nécessaire d’envisager le cannabis comme une plante capable de soulager, de soigner et d’apporter du bien-être.

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La réduction de la dépendance aux importations

La Polynésie dépend fortement des importations, ce qui nuit à son développement économique. La culture du chanvre offre une opportunité de réduire cette dépendance en diversifiant les secteurs d’activité. En plus de la consommation sous forme de fumée, il existe des compléments alimentaires, des matériaux de construction et d’autres utilisations du cannabis. Exploiter le chanvre dans ces domaines permettrait de réduire les importations et de favoriser le développement économique de la région.

Le potentiel de développement de nouvelles filières

La légalisation du cannabis en Polynésie ouvrirait la voie au développement de nouvelles filières économiques. Des partenaires internationaux sont prêts à soutenir la région dans la culture et la transformation du chanvre. Par exemple, un formateur de la Réunion propose des formations aux cultivateurs locaux et cherche à augmenter le taux de THC autorisé en raison des conditions climatiques spécifiques à la région. Cette perspective motive les défenseurs de la légalisation à poursuivre leurs efforts.

La nécessité d’une réglementation pour assurer la sécurité sanitaire

Il est important de souligner que, bien que la consommation récréative de cannabis soit répandue en Polynésie, une réglementation adéquate est nécessaire pour garantir la sécurité sanitaire des consommateurs. Actuellement, la consommation se fait illégalement dans les rues, ce qui présente des risques pour la santé. Les partisans de la légalisation demandent des analyses de la toxicité des produits afin de protéger les consommateurs.

Perception du cannabis en Polynésie

Introduction historique du cannabis en Polynésie

La perception du cannabis en Polynésie est complexe et comporte plusieurs aspects historiques et sociaux. L’introduction du chanvre sur certaines îles de Polynésie a été réalisée par les missionnaires catholiques français, principalement pour des besoins d’agriculture, de réparation de voiles, de bateaux et de matériaux de construction. Au fil du temps, avec l’arrivée d’Européens et d’Américains dans la région, le cannabis a été associé à la consommation de drogues, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale.

La culture du cannabis comme économie de subsistance

Aujourd’hui, le cannabis est présent dans près d’un foyer sur deux en Polynésie, et un foyer sur cinq cultive la plante, selon une étude menée par le président M. Moetai Brotherson lorsqu’il était député. Il est perçu davantage comme une source de revenus et une économie de subsistance pour une population en difficulté. La culture du cannabis bénéficie du climat favorable et de la disponibilité des terres, ce qui en fait une option accessible pour de nombreux Polynésiens.

Répression et acceptation sociale du cannabis en Polynésie

Cependant, il est important de noter que la répression policière vis-à-vis de la culture de cannabis est plus sévère en Polynésie qu’en France. Les forces de l’ordre consacrent environ 80% de leurs efforts à la répression des cultures de cannabis. Chaque semaine, de nombreux petits cultivateurs passent devant le procureur pour répondre de leurs activités liées au cannabis. Malgré cela, la société polynésienne a une acceptation relativement facile du cannabis, tant dans sa répression que dans son utilisation. Les personnes arrêtées avec une plantation de cannabis nient rarement leur implication et expliquent souvent que c’est pour leur consommation personnelle ou pour éviter d’acheter du cannabis.

Manque d’information sur les aspects médicinaux du cannabis

Il est toutefois regrettable que l’information sur la plante soit largement absente en Polynésie. La perception générale du cannabis se limite souvent à ses aspects récréatifs et lucratifs, tandis que les connaissances sur ses propriétés médicinales et thérapeutiques sont moins répandues. Il existe donc un besoin d’éducation et de sensibilisation afin de fournir une image plus complète et équilibrée du cannabis à la population polynésienne.

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L’agriculture en Polynésie et l’objectif du SPC

En ce qui concerne l’état de l’agriculture en Polynésie, il y a plusieurs défis à relever. La dépendance aux importations est élevée et l’autosuffisance alimentaire est un enjeu majeur. C’est dans ce contexte que le Syndicat Polynésien du chanvre de Polynésie française envisage de développer la culture du chanvre.

L’objectif principal du SPC est de cultiver du chanvre non pas pour ses fleurs, mais pour ses graines, notamment pour produire du chènevis (graines décortiquées) et de l’huile alimentaire. Cette démarche vise à diversifier l’agriculture locale et à répondre aux besoins du marché local en produits issus du chanvre.

Développement du chanvre au niveau local avant l’exportation

Il est important de souligner que le SPC ne vise pas dans un premier temps l’exportation à grande échelle, car cela pourrait être difficilement compétitif sur le marché international. L’objectif initial est plutôt de commencer à développer la culture du chanvre au niveau des communes, en encourageant la création de coopératives regroupant les agriculteurs locaux. Chaque commune pourrait ainsi disposer de parcelles de terre dédiées à la culture du chanvre.

Ce projet permettrait de favoriser l’autonomie alimentaire et de réduire la dépendance aux importations. Les produits dérivés du chanvre, tels que le chènevis et l’huile alimentaire, pourraient être destinés en priorité au marché local.

Différences de législation entre la France métropolitaine et la Polynésie

Il est important de noter que les lois et réglementations sur le cannabis en France métropolitaine ne s’appliquent pas automatiquement en Polynésie française. Les autorités polynésiennes ont la possibilité de décider de leur propre cadre législatif. Par exemple, le Conseil d’État en France a autorisé l’exploitation de la fleur de chanvre pour extraire du cannabidiol (CBD), mais en Polynésie, l’extraction et l’utilisation de la fleur pour le CBD ont été interdites par les politiciens locaux.

Cela souligne les différences politiques et législatives entre la France métropolitaine et la Polynésie. Certaines lois peuvent être directement appliquées, mais d’autres nécessitent des efforts supplémentaires de la part des élus polynésiens pour être mises en œuvre.

Le travail nécessaire pour appliquer les lois en Polynésie

La mise en application des lois en Polynésie nécessite un travail considérable de la part des élus et des autorités compétentes. Cela implique la rédaction de délibérations, d’arrêtés et d’autres mesures pour rendre effectives les lois adoptées. Cependant, ce processus peut parfois être complexe et nécessiter des ajustements pour prendre en compte les spécificités locales.

Ces défis liés à la mise en application des lois ont conduit à un certain statu quo et à des difficultés pour avancer sur certains sujets, y compris la réglementation du chanvre en Polynésie.

La priorité actuelle du président du pays : le chanvre industriel

Malgré les obstacles rencontrés, le président de la Polynésie française a exprimé son intérêt pour le développement du chanvre industriel dans le pays. À court terme, l’accent est mis sur le chanvre industriel plutôt que sur le cannabis médical ou thérapeutique.

Cependant, pour que ce projet se concrétise, des ajustements sont nécessaires. Par exemple, la classification de la graine de chanvre comme stupéfiant empêche actuellement son importation.

Il reste donc des démarches à entreprendre pour revoir le projet de loi adopté en janvier et corriger les aspects qui nécessitent des ajustements. Une fois ces ajustements effectués, le développement du chanvre industriel en Polynésie pourrait progresser.

Ces efforts visent à développer une filière agricole locale et à promouvoir l’utilisation du chanvre dans des domaines tels que l’alimentation, l’artisanat et d’autres industries connexes.

L’état de l’agriculture en Polynésie et les objectifs du SPC

En Polynésie, l’agriculture occupe une place importante, et le développement de la culture du chanvre suscite un réel intérêt. Le SPC vise à promouvoir cette plante, non seulement pour ses fleurs, mais aussi pour ses autres parties, telles que le chènevis (graine) qui peut être utilisé pour produire de l’huile alimentaire et d’autres produits.

Le défi de l’exportation et l’importance du marché local

Bien que l’exportation du chanvre polynésien puisse être difficilement concurrentielle sur le marché international, il est envisagé de commencer par le développement de la culture à l’échelle locale. Des coopératives pourraient être créées en collaboration avec les agriculteurs de chaque commune, permettant ainsi à chaque communauté de cultiver cette plante. Dans un premier temps, l’objectif serait de répondre aux besoins du marché local plutôt que de se concentrer sur l’exportation.

Le défi législatif et les restrictions imposées

Cependant, il existe des défis législatifs à relever. Le 29 décembre, le Conseil d’État a autorisé l’exploitation de la fleur de chanvre pour l’extraction de CBD en France, mais les politiciens polynésiens ont pris une direction opposée. L’extraction et l’utilisation de la fleur de chanvre pour la production de CBD ont été interdites dans nos îles. Cette différence politique démontre que les lois de la métropole ne s’appliquent pas automatiquement en Polynésie, laissant ainsi une marge de manœuvre aux élus locaux. Certaines lois nécessitent des délibérations et des arrêtés spécifiques pour être appliquées, ce qui représente un défi pour nos politiciens.

L’importance du chanvre industriel

Actuellement, le président du pays accorde une grande importance au développement du chanvre industriel en Polynésie. Pour l’instant, le focus n’est pas sur le cannabis médical ou thérapeutique, mais sur le chanvre industriel. Cependant, des ajustements doivent être apportés au projet de loi adopté en janvier. Par exemple, la graine de chanvre est considérée comme un stupéfiant, ce qui limite les possibilités d’importation. Un recours a été déposé devant le Conseil d’État afin de faire amender ces articles qui entravent le développement de la filière du chanvre.

L’attente des réponses et les perspectives à venir

La Polynésie a jusqu’au 5 janvier de l’année prochaine pour mettre en application le projet de loi sur le chanvre. Les décisions du président quant à l’abrogation, l’amendement ou le remplacement complet de ce projet de loi sont très attendues. Il existe un autre projet de loi en attente à l’assemblée, mais les détails restent flous. Ce que l’on sait, c’est que le président accorde une priorité au développement du chanvre industriel en Polynésie et que des réponses seront fournies le 13. L’avenir de cette culture prometteuse dépendra des décisions prises par les autorités polynésiennes.

La difficulté de parler du cannabis et l’engagement du SPC

La question cruciale reste de savoir comment le SPC parvient à aborder le sujet du cannabis alors que tous les produits associés restent illégaux à 100% en Polynésie. Depuis plus de 10 ans, Karl a constaté le manque d’informations entourant cette plante dans la société polynésienne. La communication sur le cannabis, même abordée de manière favorable et informative, est considérée comme une infraction. En tant qu’ancien gendarme, il était bien conscient de cette réalité juridique. Cependant, ce manque d’information l’a poussé à agir et à créer une association en 2013 afin de pouvoir organiser légalement chaque année une journée d’information le 18 juin, surnommée le “18 joint”. Cette journée était le seul moment où ils étaient autorisés à informer la population, alors que pendant le reste de l’année, toute communication sur le sujet était interdite.

La désobéissance civile et l’intérêt des médias

Karl a utilisé les réseaux sociaux pour pratiquer la désobéissance civile et diffuser des informations sur le cannabis. Cette ténacité a fini par attirer l’attention des médias locaux qui ont commencé à couvrir les événements organisés par l’association. Toutefois, la perception négative du cannabis dans la société polynésienne a rendu la communication difficile, notamment dans une région où près de 90% de la population est chrétienne et où les mentalités traditionnelles étaient profondément ancrées. Par conséquent, il était courant d’être annulé à la dernière minute lors de participations à des émissions de télévision ou de radio, en raison des résistances liées à la communication sur le cannabis.

La French Connection et le courage de faire

Face aux difficultés rencontrées, le SPC a décidé de passer à l’action, s’inspirant notamment du Collectif d’Information et de Recherche Cannabique (CIRC) en France. La French Connection, représentée par des militants tels qu’Eric Chapel et Farid Ghehioueche, a été une source d’inspiration majeure. En observant les actions concrètes menées en France, notamment l’émergence des produits à base de CBD, Karl s’est demandé pourquoi il ne pouvait pas en faire de même en tant que citoyen français vivant en Polynésie. Malgré quelques difficultés rencontrées, notamment lors d’un événement de sensibilisation devant l’assemblée, il n’a pas été trop embêté dans son engagement.

Une action symbolique devant l’assemblée

Une anecdote incroyable se déroule le 5 mars, une date symbolique marquant l’arrivée de l’évangile en Polynésie, jour férié dans le pays. En Polynésie, la religion a un impact significatif sur les décisions politiques, ce qui dérange Karl. Suivant attentivement l’actualité en France, il apprend qu’une expérimentation sur le cannabis médical doit être lancée, mais elle est retardée. En janvier 2020, il découvre que l’expérimentation débutera en France. Cependant, celle-ci ne débute qu’en mars 2021, un an plus tard. Face à l’inaction politique et à l’absence de réponses des politiciens, il décide qu’il est temps d’agir. Les personnes malades continuaient à le solliciter et il se dit :

“En France, quelque chose va se passer. Et nous, pouvons-nous faire quelque chose ?”

Malheureusement, aucun politicien ne répond à ses sollicitations.

Une action audacieuse devant l’assemblée 

Le 3 mars 2022, à seulement deux jours de l’action, Karl décide d’agir. Il appelle la police nationale pour les avertir :

“Dans deux jours, je vais planter un pied de cannabis devant l’assemblée.”

La police lui demande si ce sera un petit pied. Par la suite, il informe les médias de son intention en réalisant une diffusion en direct sur les réseaux sociaux. Il montre le pied de cannabis derrière lui et annonce qu’il va le planter devant l’assemblée. Cette action vise principalement à obtenir une réponse de la part des autorités sur la situation. Cependant, personne ne lui répond ce jour-là.

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Le geste symbolique et ses conséquences

Le matin même de l’action, tout le monde se rassemble et décide de passer à l’action. Au-delà de la symbolique de cet acte, il souhaite rappeler à la population qu’il reste des terres cultivables. Planter le pied de cannabis devant l’assemblée démontre que s’il est possible de le faire même devant les institutions, cela signifie qu’il existe encore des surfaces propices à la culture. C’est là que réside le potentiel de développement de leur pays, principalement dans le secteur privé. Cette action médiatique n’est pas sans conséquences personnelles et familiales, mais elle résonne auprès des politiciens. Le député Moetai Brotherson réagit immédiatement et envoie une lettre au procureur pour demander une clémence à l’égard de Karl. Cette demande est bien reçue par les autorités judiciaires, évitant ainsi une détention provisoire jusqu’à sa comparution immédiate trois jours plus tard. Le soutien populaire est également fort, et en conséquence de cet événement, Karl décide de créer leur propre cannabis social club pour une année.

Les retombées politiques et le soutien de la population

Les retombées politiques de l’action ont été significatives et ont été ressenties par la population. Les personnes ont compris le message politique derrière le geste et ont soutenu cette démarche. Ce soutien n’était pas uniquement envers la personne à l’origine de l’action, mais aussi envers le message lui-même.

La justice a également compris la nature politique de l’action, ce qui a conduit à une relaxe totale des accusations portées contre le fondateur du SPC. Après un an de batailles politiques, la justice a reconnu l’aspect militant et politique de cet acte.

Par la suite, des travaux ont été lancés sur la réforme de la délibération de 1978 sur les substances vénéneuses, sous l’ancien gouvernement. Cela a conduit à la proposition de loi le 5 janvier. Ainsi, l’action a bel et bien porté ses fruits et a contribué à des avancées politiques concrètes.

L’ouverture d’un cannabis social club et l’engagement de la population

De plus, après cet événement, le SPC a ouvert un cannabis social club à la Polynésienne, qui a été une expérience très enrichissante auprès de la population. Malgré le contexte du confinement lié à la pandémie, plus de 1000 personnes ont fréquenté le club, même sous les yeux de la justice et du gouvernement, qui parfois venaient également les voir. Cette reconnaissance démontre que les activités du club étaient axées sur l’information et non sur le trafic ou la consommation récréative. La population est désormais prête à avancer, et il incombe au politique de faire son travail pour accompagner cette évolution.

Organisation du Cannabis Social Club

Produits et approvisionnement

Les produits du Cannabis Social Club étaient fabriqués localement, de manière artisanale, ainsi que certains produits importés de France, de Suisse, d’Allemagne et même de Nouvelle-Zélande.

Réglementation et adhésion

Le Cannabis Social Club n’était pas soumis à une réglementation spécifique, car il opérait dans une zone de désobéissance civique. La vente de produits étant interdite, l’adhésion à l’association permettait d’accéder gratuitement aux produits.

Collaboration et expertise

Grâce au soutien des planteurs locaux et des personnes ayant des compétences dans la transformation, le Cannabis Social Club a pu fournir une variété de produits. L’arrivée d’ingénieurs, de scientifiques et de propriétaires de CBD Shop de métropole a également contribué à l’expertise disponible.

Collaboration avec des associations

Le Cannabis Social Club a travaillé en collaboration avec des associations en France, telles que Principe Actif et le Circ, ainsi qu’avec le Professeur Authier de l’expérimentation, pour s’orienter et bénéficier de leur soutien.

Responsabilité et satisfaction de la population

Grâce à la clémence de la justice et des politiciens, le Cannabis Social Club a pu fonctionner de manière sereine et a été largement accepté par la population. Inspiré par des initiatives similaires en France, Karl a pris la responsabilité de fournir les produits nécessaires, en veillant à satisfaire près de 90% des demandes de la population.

Expérimentation médicale du cannabis thérapeutique en Polynésie

Statut de la Polynésie et demande d’extension

La Polynésie ne fait pas partie de l’expérimentation médicale sur le cannabis thérapeutique menée en métropole. En tant que territoire autonome, la Polynésie a un statut différent et ses propres décideurs politiques. Une demande d’extension de l’expérimentation a été soumise par l’ancienne députée Nicole Sanquer, mais faute de soutien de la majorité gouvernementale, le dossier a été laissé en suspens.

Obstacles et débat sur l’expérimentation

Des commissions, dont la Commission de Santé et le Cesec (équivalent du CESE en France), ont rendu des avis défavorables ou ont soulevé des arguments visant à noyer le débat. Certains estiment qu’il serait préférable de passer directement à une légalisation plutôt que de se limiter à une expérimentation.

Attente de décision politique et importation de médicaments

Le projet de loi d’extension de l’expérimentation est toujours en cours d’examen à l’assemblée. On attend de voir quelle sera la position du nouveau gouvernement, s’il maintiendra le projet de loi initial du 5 janvier ou s’il optera pour l’extension. En cas d’expérimentation en Polynésie, il serait nécessaire d’importer les médicaments, ce qui soulève des questions sur les modalités et les sources d’approvisionnement.

Financement et prise en charge de l’expérimentation

Le financement de l’expérimentation constitue un autre obstacle. En France, l’Assurance Maladie finance l’expérimentation, tandis qu’en Polynésie, l’équivalent est la Caisse de Prévoyance Sociale. Des discussions sont nécessaires avec cet organisme pour déterminer la prise en charge de l’expérimentation. Des rencontres ont déjà eu lieu et des signaux positifs ont été reçus de la part de la Caisse de Prévoyance Sociale.

Attente de décision politique et mise en œuvre de l’expérimentation

La Polynésie est prête à mettre en œuvre cette expérimentation essentielle. Tout dépend maintenant de la décision des décideurs politiques et de l’exécutif pour activer le processus et permettre sa réalisation.

Une présence active sur Facebook pour informer

Facebook comme principal canal de communication

Karl est principalement actif sur Facebook, car il n’est pas très familier avec Instagram et d’autres plateformes similaires. Il utilise principalement des vidéos pour partager son message et informer les autres.

Rappel de l’importance de l’information continue

Il insiste sur l’importance de rester constamment informé et de ne pas abandonner. Lorsque le dossier est mis de côté, le progrès stagne. Son engagement dans cette cause ne cesse de grandir, car il voit une lueur d’espoir et observe les avancées en France. Il considère qu’il est essentiel de suivre le mouvement et de fournir des réponses à la population locale.

Suivre le mouvement en France et apporter des réponses locales

Karl suit attentivement ce qui se passe en France en termes de légalisation et d’expérimentation médicale du cannabis. Il se réjouit des progrès réalisés dans ce pays et cherche à apporter des réponses similaires à la population de sa région. Son engagement dans cette cause est renforcé par le besoin de se tenir à jour et de répondre aux besoins de sa communauté.

Sources d’information sur le cannabis et les personnalités qu’il suit

Diversité des sources d’information et absence de jugement

Karl ne se limite pas à une seule source d’information et suit un large éventail de personnes intéressées par le cannabis. Il reconnaît les différents points de vue et s’intéresse aux opinions des puristes ainsi qu’à celles axées sur le développement de la plante. Son objectif est de rassembler ces diverses perspectives afin de créer un système adapté aux spécificités et aux besoins de son territoire.

Influence de Jean Pierre Galland et autres figures internationales

Parmi les personnalités qui ont motivé et inspiré Karl, il mentionne Jean Pierre Galland, dont il est fan et dont il a suivi les actions. Il a même eu l’honneur d’accueillir Jean Pierre Galland en tant qu’invité lors d’un événement organisé sur sa page. Il suit également des experts internationaux tels qu’Ed Rosenthal aux États-Unis, French Canali (avant son décès), Norml France, et Fabienne Lopez de Principes Actifs. Il s’inspire de ces différentes personnes et de leurs contributions au domaine du cannabis.

Le Dr Sueur, un ami et expert médical influent

Karl a retrouvé un vieil ami, le Dr Sueur, qui est très actif dans le domaine du cannabis en Polynésie. Le Dr Sueur, fondateur de l’association Principes Actifs, est le seul médecin français membre de l’International Association for Cannabinoid Medicines (IACM) basée en Allemagne. Grâce au Dr Sueur, Il a pu établir des contacts en France, en Allemagne et dans le monde entier, ce qui l’a incité à s’intéresser davantage à l’aspect médical et thérapeutique du cannabis.

La prise de conscience et le choc culturel

La rencontre avec des personnes impliquées dans le domaine du cannabis, ainsi que les études et les informations partagées, ont provoqué un choc culturel chez lui. Avant cela, il ne s’intéressait pas particulièrement à ce sujet. Il a réalisé les bienfaits potentiels de la plante et a constaté un manque d’informations parmi la population polynésienne. Cette prise de conscience l’a poussé à suivre le mouvement, en prenant exemple sur les initiatives en France, et à mettre en place une association pour informer la population de son territoire.

L’association CIRC et la symbolique de la date de création

Karl a tenté de créer une association similaire au Cannabis Information and Research Collective (CIRC). Cependant, cela s’est révélé difficile, car cela a été mal perçu par les représentants religieux et politiques. La date de création de l’association, le 5 mars, a été choisie pour provoquer une réflexion. Ce jour est férié en Polynésie et marque l’arrivée de l’évangile. En associant cette date à la création de l’association, il souhaite montrer que le cannabis est une plante créée par Dieu et qu’elle a joué un rôle dans l’histoire religieuse locale. Son objectif est de sensibiliser la population polynésienne, majoritairement chrétienne, et de favoriser une compréhension plus saine et ouverte à l’égard du cannabis.

Karl

Diversité des utilisateurs de cannabis en Polynésie et leur motivation

Selon Karl, le cannabis est largement utilisé en Polynésie, et cette utilisation ne se limite pas à des fins récréatives. Lors de ses rencontres avec des familles de cultivateurs, il a constaté que les personnes qui s’approvisionnent en cannabis sont variées. Karl mentionne que des femmes âgées, des familles, des parents et même des enfants viennent chercher des feuilles pour fabriquer de l’huile ou du baume, ayant appris ces techniques grâce aux vidéos et informations partagées par lui et son équipe.

Le cannabis utilisé à des fins thérapeutiques et de bien-être

L’usage du cannabis aujourd’hui est diversifié et englobe des motivations thérapeutiques et de bien-être. La demande de fleurs est particulièrement élevée pour la production de produits à base de cannabis destinés au bien-être. Il souligne que de nombreuses personnes arrêtées par la police ou les gendarmes déclarent travailler pour l’association dans le but de fabriquer des huiles et des baumes. Bien que cela puisse irriter les forces de l’ordre, il affirme que cette réalité est bien présente et qu’il en est témoin direct. 

Témoignages de différents profils d’utilisateurs

Karl relate une expérience récente où il était chez une famille très religieuse qui cultive désormais une dizaine de plantes pour leur usage personnel à domicile. Il exprime sa satisfaction de voir les gens comprendre et mettre en pratique cette approche, tout en soulignant que les médecins restent les professionnels de la santé et que les situations urgentes doivent être traitées à l’hôpital. Cependant, il encourage également la médecine préventive à domicile, basée sur l’utilisation des plantes et une alimentation adaptée.

Acceptation personnelle et engagement public

En consommateur de cannabis, Karl a été confronté à des difficultés après avoir perdu son emploi en raison de sa consommation. Cela l’a amené à se questionner sur les jugements et les discriminations auxquels il était confronté. Déterminé à ne plus cacher sa consommation, il a entrepris de montrer que les consommateurs de cannabis peuvent être des individus responsables et actifs socialement. Son expérience personnelle l’a conduit à accueillir ouvertement sa consommation et à créer un espace où les gens peuvent se rapprocher de lui et discuter librement du sujet.

Le dialogue ouvert et le partage d’informations

Grâce à un dialogue ouvert et à la diffusion d’informations, il a réussi à changer les perceptions de ceux qui le jugent uniquement en tant que consommateur de cannabis. Les personnes qui étaient initialement réticentes à le rencontrer en raison de sa consommation quotidienne ont finalement compris son point de vue. Elles sont venues d’elles-mêmes pour discuter et partager leurs préoccupations. Au fil du temps, ces échanges ont suscité un intérêt profond chez elles, les incitant à rester plus longtemps que prévu. Ces discussions ont permis de briser les préjugés et d’offrir aux individus une perspective différente sur la consommation de cannabis.

L’importance de l’éducation dans la consommation responsable

L’éducation joue un rôle fondamental dans la promotion d’une consommation responsable de cannabis. Karl constate que de nombreux consommateurs ont réussi à réduire considérablement leur consommation grâce à une éducation adéquate sur la culture de la plante. En fournissant des informations et des connaissances, il est possible de responsabiliser les individus et de les aider à prendre des décisions éclairées concernant leur consommation.

Les multiples bienfaits de la plante de cannabis

La plante de cannabis offre des avantages tant sur le plan intérieur qu’indirectement. En plus de ses propriétés thérapeutiques, elle peut également jouer un rôle dans le bien-être général des individus. Karl a constaté que les personnes qui ont commencé à cultiver leur propre cannabis ont développé un lien profond avec la plante et ont découvert de nouvelles perspectives sur la façon dont elle peut améliorer leur qualité de vie. Il souligne que l’éducation sur la plante de cannabis est essentielle pour permettre aux gens de comprendre pleinement son potentiel et de l’incorporer dans leur vie de manière responsable.

L’importance de ne pas tout donner sur un plateau

L’éducation sur la consommation de cannabis est cruciale, car elle encourage la responsabilité individuelle plutôt que la dépendance à l’assistance. Karl insiste sur le fait qu’il ne faut pas tout fournir aux consommateurs de cannabis de manière passive, mais plutôt leur permettre d’apprendre et de s’approprier les connaissances. En donnant aux personnes les outils nécessaires pour cultiver leur propre cannabis, on les encourage à prendre en main leur bien-être et à développer une relation plus consciente avec la plante.

Le syndicat polynésien du chanvre et son objectif de représentation

Le syndicat polynésien du Chanvre a vu le jour suite aux événements de 2020, marqués par la plantation de cannabis et les travaux entrepris en collaboration avec le gouvernement. Sa création avait pour but de permettre aux Polynésiens de jouer un rôle essentiel dans la structuration de cette filière, afin de ne pas être négligés. Le syndicat vise à proposer des solutions et non à imposer ses idées. Karl exprime sa gratitude envers le Président Philippe Cathelain-Tauotaha, qui l’a rencontré et lui a proposé de créer ce syndicat, une opportunité qu’il attendait depuis dix ans. Son objectif est de professionnaliser cette démarche et de ne pas se limiter à un rôle bénévole dans l’association.

L’ouverture du syndicat à toute la Polynésie et ses objectifs actuels

Initialement, le syndicat polynésien du chanvre était réservé aux professionnels et aux détenteurs de licences, afin de défendre leur position dans la filière émergente. Cependant, il s’est depuis ouvert à tous les habitants de Polynésie. Aujourd’hui, les trois principaux secteurs d’activité auxquels le syndicat s’intéresse sont la production, la transformation et l’exportation du chanvre. Des partenaires français, américains, allemands, australiens et néo-zélandais font confiance au syndicat pour le développement de cette industrie en Polynésie. Karl encourage la population à rejoindre le syndicat en tant que force de proposition, soulignant l’importance des adhésions et du soutien populaire pour la réussite de cette démarche.

L’appel à l’unité et au développement de la filière

Karl appelle la population à se rassembler autour du syndicat polynésien du chanvre pour développer ensemble cette filière. Il souligne que la taille réduite de la Polynésie, avec ses 300 000 habitants, permet à tous de contribuer sans se marcher les uns sur les autres. Il exhorte les non-professionnels à soutenir le syndicat, car c’est le soutien populaire qui permettra de faire vivre cette association. Karl exprime sa reconnaissance envers les professionnels locaux qui ont déjà adhéré, tels que les pharmaciens, les laboratoires de transformation et les grandes familles de Polynésie. Il annonce avec confiance que la filière se développera et promet de fournir des réponses concrètes lors de rencontres prévues avec le Président du pays et lors de la 12ᵉ édition de l’événement “18 joint“. Il célèbre également les dix ans de l’association et remercie chaleureusement ceux qui soutiennent cette cause en France, tels que Romain (UCN), Jean Pierre Galland, Éric Chapelle, Bénédicte Desforges de l’association Police Contre la Prohibition et Fabienne Lopez.

Ce n’est que le début d’une grande aventure ! Le chemin est encore long, mais après 10 ans de militantisme, on peut déjà sentir les prémices du changement. Les mentalités évoluent et les gens commencent à s’intéresser à la plante dans sa globalité. C’est une nouvelle extraordinaire ! Comme dans un jeu captivant, chaque avancée et chaque découverte nous inspirent à continuer cette quête. La passion pour le chanvre et son potentiel infini est partagée par de plus en plus de personnes. Les lignes bougent, les préjugés s’estompent et l’ouverture d’esprit grandit.

Alors, continuons d’avancer ensemble, animés par cette étincelle d’enthousiasme. Explorez les possibilités offertes par cette plante merveilleuse, élargissez vos horizons et célébrez les bénéfices qu’elle peut apporter à notre société. Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode avec un invité tout aussi passionné par l’univers du cannabis légal et du CBD.