Thomas Muzelle : vivre le métier d’agriculteur de CBD!

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Aujourd’hui, nous avons l’honneur d’accueillir Thomas Muzelle, chanvrier et producteur de CBD bien-être, 3e génération sur sa ferme. Sa punchline : “vivre dignement du métier d’agriculteur”. Depuis un an, il a repris l’affaire familiale et se trouve à la tête Des Plantes de Tomine, un mix entre Thomas et Jocelyne, sa maman. Retrouvez dans ce podcast, sa success story, et les messages transcendants qu’il souhaite transmettre au monde.

Son personnage, son parcours

Du haut de ses 28 ans, Thomas Muzelle est un grand passionné d’agriculture. Il tient à être au cœur de son environnement et de ce qui l’entoure pour en prendre soin tous les jours. Grâce à cet amour, il fait des études en gestion et protection de la nature. BTS en poche, il peine à trouver un emploi qui lui correspond. Il poursuit donc avec une licence en biologie à la faculté Ladoix de Lyon. Avec ses acquis, il trouve un premier emploi dans le milieu naturel en tant que chargé de mission environnement. Son but, faire que les générations futures puissent découvrir la beauté de la nature.

Le déclic

Pendant 3 ans, il travaille pour le gouvernement et pour des entreprises privées. Mais sa passion pour les plantes et son envie personnelle de ne plus travailler pour les autres va créer un déclic.

Il part donc produire du chanvre sur un hectare pendant un an avec un associé. Malheureusement, cette expérience ne sera que de courte durée. En effet, tous deux ont une conception différente du métier d’agriculteur. Un soir, alors que Thomas rentre chez ses parents, dépité de cette mésentente, son père le rassure en disant :

“Fils, on n’est pas plus bête que les autres, on va le faire chez nous”.

C’est alors qu’il reprend l’exploitation familiale. Avec sa famille, ils recréent l’entreprise et montent les Plantes de Tomine, le 2 février 2021.

“Travailler pour moi et faire ce que j’ai envie de faire rien que pour moi, et pour ma famille en essayant de les rendre fiers, c’est juste incroyable”. 

Sa vision de la production de CBD

Pour Thomas, être fils d’agriculteur est un privilège, car on peut consommer tout ce qu’on produit. Selon lui, seul un agriculteur sur dix jouit de cette chance inouïe, chose anormale quand ils nourrissent le pays. Ils ne devraient jamais connaître la faim. Grâce à l’exploitation agricole et au chanvre bien être en complément de l’élevage bovin charolais, il peut vivre dignement de son métier. Et il le vit avec le cœur, en transmettant cet amour dans ses produits. Pour avoir le meilleur goût et la meilleure qualité possible, il reste fidèle à son crédo : respecter ce qui nous entoure. Le respect commence du bout de la production, de la graine que l’on met en terre jusqu’au résultat final. 

Comment expliquer le métier de cannabiculteur

Thomas se lance tout seul dans son entreprise, sans l’appui de l’Etat. Pourtant, ailleurs, il est plus facile de produire du CBD, et même de l’amener en France, comme en ce moment au Salon. Lorsqu’il reprend l’exploitation familiale, il présente son projet à la chambre d’agriculture. Il se rapproche également de la gendarmerie de son secteur. Tout le monde était dans la méconnaissance totale. On lui a même dit que le CBD bien être est illégal. Afin de faire comprendre à tous que ça l’est, il faut connaître la réglementation et les lignes conductrices à tenir. 

“Il faut montrer qu’on a connaissance du produit, et parler avec fermeté.”

Comment faire bouger les lignes ?

Pour que le monde voie le métier de chanvrier autrement, il faut que les gens se déplacent dans les fermes. L’adjudant Petit de la brigade de Ruan lui rend régulièrement visite pour apprendre à connaître le chanvre et le CBD. Il voit comment il fait ses produits, les cadres d’hygiène à respecter, etc., et il comprend le métier.  

Le jeune cannabiculteur est convaincu que si les gens comprennent et leur ouvrent les portes de la production, ils pourraient aller loin. Les producteurs français peuvent s’imposer comme des concurrents potentiels de nos voisins européens. Quand on regarde le salon du CBD, on se rend compte qu’ils sont peu nombreux dans l’Hexagone. Il leur lance un message :

“Si vous voulez que ça bouge, il va falloir vous bouger aussi ! Ce n’est pas en restant travailler H24 dans nos petites fermes qu’on va faire changer les choses.” 

Par ailleurs, il faut aussi communiquer avec les élus locaux. Dans sa commune, il a le soutien du maire pour la réalisation de ses infrastructures. C’est important pour développer les communes et valoriser le terroir, par exemple à travers le canna tourisme. En effet, notre territoire est riche en diversité, et aucune région en France ne se ressemble. 

Comment saisir le marché du CBD ?

Avant de se lancer dans la culture de CBD bien-être, Thomas conseille de pré-vendre le produit avant de le planter. Ensuite, savoir quelle partie du chanvre exploiter : la fleur, la trime, le broyat, le pollen ou les trichomes… Quel sera le produit final ? Sur quel secteur l’envoyer ? Il faut se poser les bonnes questions et prendre la chose au sérieux.

“On ne s’invente pas chanvrier du jour au lendemain”.

La partie technique consiste à monter les dossiers et à connaître la réglementation. Pour se couvrir au maximum dans le flou juridique du CBD, il faut s’entourer des bonnes personnes. Il conseille de se rapprocher de juristes et d’avocats, et aussi d’un réseau associatif comme Cerfrance pour avoir des avis et conseils d’experts. 

Comment s’est structuré les Plantes de Tomine ?

Pour promouvoir ses produits, Thomas joue la carte de la transparence. Il fait carrément venir les revendeurs sur sa ferme. De cette manière, il peut facilement connaître leurs besoins en termes de produit et de quantité. Cela lui permet aussi de savoir avec qui travailler le CBD, comme un pâtissier ou quelqu’un qui fait des extraits par exemple. Au départ, cette démarche peut paraître compliquée quand on ne connaît pas grand monde, raison de plus pour être honnête et transparent. Pour trouver ses partenaires, il échange avec d’autres chanvriers et passe des coups de fils sur son tracteur en pleine ferme. Et de fil en aiguille, il réussit à se construire tout un réseau.

“Au nom des Plantes de Tomine, venez nous voir, nos portes sont ouvertes.”

Aujourd’hui, Thomas gère une production de 4 hectares. Il sélectionne les plantes et une partie broyée part pour l’extraction au pays même. Une autre partie est transformée en huile sublinguale, revendue à sa propre marque. Cependant, il revend aussi avec marque blanche pour les boutiques qui souhaitent y apposer la leur. Il va même jusqu’à leur donner des photos de son champ, à mettre dans leurs magasins, pour que les clients sachent d’où viennent les produits.

La gamme CBD des Plantes de Tomine

La gamme comprend les fleurs, le pollen, le hasch compressé, les huiles sublinguales en 5, 10, 15 %, full spectrum et sans ajout d’isolat. 

La partie cosmétique est composée d’huiles essentielles, de baume chauffant pour les sportifs et de baume nourrissant pour les problèmes de peau. Ces produits sont faits en laboratoire par des partenaires.

Celle qui cartonne aujourd’hui, c’est la partie gourmandise : pâte à tartiner, guimauve, caramel beurre salé, billes de chocolat. 

Thomas maîtrise toute la chaîne et livre le produit au client final. Il veut rendre le CBD accessible à tous ceux qui ne fument pas un joint, mais qui en ont besoin pour le bien-être et l’effet entourage. 

Quelle est la suite ? 

Malgré les risques du métier et les lois qui bougent, la suite est importante pour Thomas. 

“Si on veut continuer d’avoir une troisième génération d’agriculteurs sur cette même exploitation, il faut y aller. Si je veux qu’il y ait une suite qui soit jolie derrière moi, c’est maintenant qu’il faut se retrousser les manches”.

Devant les conflits politiques et d’intérêt avec les grands industriels, il n’a qu’une chose à dire : 

“N’oubliez pas ceci : si demain il n’y a plus d’agriculteurs, il n’y a plus personne sur cette planète !”

Selon lui, les agriculteurs jouent un rôle important pour l’humanité, car ils nous permettent de manger dignement, et d’utiliser la plante pour le bien- être et pour un usage médicinal.

Quelques mots pour les producteurs, les boutiques et les consommateurs de CBD

Il a beau être jeune, Thomas est un homme d’expérience. 

Les producteurs de CBD

Aux producteurs, il leur conseille de faire attention, car sur le marché du CBD, il y a du bon et du mauvais. Il faut savoir nager dans ce monde de requins, gorgé de vendeurs de fausses graines, de faux projets, de faux contrats, etc. On n’est jamais maître de soi que quand on est soi-même. D’ailleurs, c’est pourquoi il a choisi de contrôler toute la chaîne du premier au dernier maillon. 

Ensuite, il faut que les gens achètent à un prix digne pour leur permettre de développer leur structure et d’améliorer la qualité. La règle d’or : ne jamais baisser les prix !

Les magasins de CBD

Les boutiques doivent arrêter de chercher des produits tape-à-l’oeil, ou soi-disant parce que c’est ce que le consommateur veut. La vérité, c’est qu’il a besoin d’un produit sain, qui lui apporte du bien et de l’effet entourage. Ces produits se trouvent chez les producteurs, qui offrent un suivi et une traçabilité. Il n’y a rien de mieux que d’aller récupérer des produits frais pour les emmener dans son magasin.

Les clients

Quant au client final, il leur demande d’arrêter de se fier à l’emballage.

“Aller dans un cbd shop ce n’est pas aller chez Intermarché ou chez Carrefour. Ce n’est pas parce que c’est sous vide avec une jolie étiquette que c’est bon, ni parce qu’il y a 3 feuilles sur une tête que ça dénature le goût. Consommez français et demandez la traçabilité des produits aux magasins. Venez nous voir chez les plantes de Tomine, nos portes sont ouvertes les  derniers samedis de chaque mois, de midi à 14 h”. 

Le mot de la fin

Pour soutenir Thomas, il souhaite que les magasins viennent les voir chez les Plantes de Tomine. Si les gens sont contents de leurs produits parce qu’ils sont bons, ça lui fera plaisir, sans oublier sa maman, sa chérie Camille, et son papa qui fait un travail de dingue.

Enfin, Thomas accompagne les agriculteurs dans leur nouveaux projets. Ensemble, ils se serrent les coudes pour s’attirer  vers le haut. Il peut mettre en relation avec les bonnes personnes, ou donner des conseils de culture, de profils de variétés, de matières premières,  d’extraits et de commercialisation.

Au terme de cette interview, nous en arrivons à la conclusion que Thomas Muzelle reflète tout simplement la force de l’agriculture de CBD en France.

Pour entrer en contact avec lui, rendez-vous sur Les Plantes de Tomine, par email ou par téléphone au 06 14 44 39 75.

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