Medhi- LIM – Coffee CBD Shop : tous à la même enseigne

ParlonsCanna

Dans ce nouveau podcast, nous recevons deux personnalités du monde du CBD et de la musique. Au micro de Parlons Canna, Medhi, fondateur de Coffee shop CBD, et LIM, rappeur et producteur indépendant. Les deux hommes s’associent sur un même projet de franchise qu’ils vont démystifier dans cet interview. De la rue à la réussite, découvrons leur parcours.

Medhi, de la rue à la réussite

Medhi a fondé le Coffee CBD Shop fin 2016 à Marseille. À l’époque le CBD était inconnu, et son commerce faisait partie des premiers en France. Malgré les hauts et les bas qu’on a connus avec la légalisation, son business s’est magnifiquement développé. Aujourd’hui, 15 épiceries spécialistes du cannabidiol ont ouvert leurs portes sur tout le territoire. 

Son parcours

Originaire de Marseille, Medhi a grandi dans les quartiers hlm. Quand il arrête l’école en classe de troisième, il descend dans la rue et enchaîne les mauvaises fréquentations. Plus tard, il se retrouve derrière les barreaux. L’année 2015, à sa sortie de prison, il essaie tant bien que mal de se reconstruire. Marié et père d’une petite fille, il se doit de trouver un travail pour subvenir aux besoins de sa famille. Malheureusement, son casier judiciaire et le manque de diplôme ne l’aident pas beaucoup. Mais Medhi ne perd pas espoir. Il part tenter sa chance en Suisse, laissant sa famille en Provence. À Lausanne, il trouve son premier contrat CDI, en tant que sondeur de rue, et c’est comme ça qu’il entend parler du CBD pour la première fois. 

Medhi connaissait bien le cannabis, mais pas ce cannabinoïde. Pour en apprendre plus sur le sujet, il entre dans un shop à Lausanne, se renseigne, achète et goûte au CBD. Après ses déboirs, hors de question de replonger. Le THC lui était devenu insupportable. Il voulait quelque chose d’équivalent mais sans effet psychotrope. Lorsqu’il découvre les effets du cannabidiol, il est conquis. Pour l’aider, la boutique lui indique un fournisseur. C’est ainsi qu’il prend rendez-vous et signe son premier contrat de franchise. C’est le début d’une grande aventure.

Les débuts de Coffee CBD Shop

Medhi quitte son CDI, retourne au pays et trouve un local de 12m² sur Marseille, parfait pour ouvrir son shop. Il n’a jamais eu peur de se lancer malgré ses antécédents. Mais pour faire bien les choses, il se renseigne auprès de ses avocats avant de se lancer. La seule règle à respecter est un taux légal de THC en dessous de 0,2%. Aucun problème pour lui. Il n’a eu la visite de la police qu’une seule fois, un simple contrôle de routine pour vérifier le taux de la marchandise. Et puis vendre du cannabis légalement, tout le monde en a rêvé.

Début 2017, il ouvre son premier shop. Pour tester le terrain, il commence par proposer des dérivés : crème pour la peau, tisane, cigarette électronique,… À ce moment-là, la fleur s’accaparait une grande part du marché. Il l’introduit en douceur avec une seule variété pour débuter. Ça a vite accroché que les chiffres d’affaires se sont rapidement fructifiés. Medhi ouvre alors son deuxième magasin sur Aubagne, puis son troisième sur Bézier, et ainsi de suite. Aujourd’hui, il possède une quinzaine de magasins dans le sud, qu’il a ouvert avec l’aide de ses associés, pour la plupart des amis d’enfance. Au final, il n’aura jamais signé de CDI en France, car les contrats, c’est lui qui les signe. 

La franchise à 0 euro

Se lancer dans cette nouvelle aventure n’était pas évident au départ. En fait, personne n’y croyait. Medhi a eu du mal à convaincre ses associés, jusqu’à ce qu’ils voient que l’affaire tourne après l’ouverture des nouveaux magasins. Il a adopté un business modèle où personne n’est au-dessus de personne. Tout le monde est son égal, et chacun connaît la tâche qui lui incombe. Medhi s’occupe des achats de fleurs et de la réception. Pour structurer son business, il gère tout sur un logiciel de gestion. 

Comme on ne lui a pas tendu la main en France, il veut tendre la sienne aux autres avec un projet de franchise à 0 euro. Le mindset, c’est de devenir son propre patron même sans études et sans diplômes. Cela s’adresse aux personnes sans travail, à condition qu’elles soient vraiment prêtes. Pour se lancer, aucun investissement à prévoir. On leur demande juste de trouver un local vide dans leur localité, et elles peuvent créer une filiale rattachée à la société.

Il s’agit d’un business clé en mains, où chaque associé devient le gérant. Pour agir en toute transparence, le numéro des fournisseurs est communiqué aux associés. Ainsi, ils peuvent vérifier les factures. La société s’occupe de la comptabilité et paie toutes les charges: caisse de retraite, urssaf, impôts, salaires, loyer… 50% plus les bénéfices reviennent aux associés, mais au final, Medhi, le cœur sur la main, se retrouve gagnant. 

Il est confiant quant à l’avenir du marché du CBD en France. 

“ça crée des sociétés et de l’emploi, ça fait rentrer de l’argent dans les caisses. Ils ne peuvent pas interdire la fleur, mais peut-être nous faire payer plus de taxes”.

LIM: devenir son propre patron

Medhi et LIM: le début de leur association

LIM est un rappeur et producteur indépendant très connu sur la planète musicale. Disque d’or et numéro un au top album, cet artiste a collaboré avec pas mal de gens, dont Medhi. Ce dernier lui a mis les pieds à l’étrier comme il fait avec les personnes à qui il tend la main en ce moment. À la base, le truc de LIM c’est le rap, mais il est aussi intéressé par le CBD. Trouver quelqu’un de sérieux et qui partage les mêmes vibrations que soi, c’est assez rare. Et puis, le projet de Medhi dégage du positif.

“Donner la chance de devenir patron à tout le monde c’est beau, utopique c’est ce qui m’a attiré dans le truc”.

Aujourd’hui, Medhi et LIM sont associés sur GalacticaCBD sur Martigues et Toulon. Ils souhaitent développer le côté franchise pour que leurs frères et sœurs puissent tenter leur chance. Le concept c’est de devenir patron, tous à la même enseigne. Cela s’adresse à tous ceux qui n’ont pas eu trop d’opportunités ou qui veulent sortir de la rue pour évoluer dans la vie.

Leur objectif

Les deux associés veulent faire les choses autrement, dans les quartiers où règnent le racisme et la discrimination. LIM affirme que ce n’est pas qu’un phénomène ethnique, mais aussi social et même parfois géographique.

“Si tu cherches un boulot si tu dis d’où tu viens, c’est possible que tu l’ais pas”. 

Ils essaient de tendre la main, exclusivement à ceux qui veulent bosser. Grâce à ce boulot, ils ont de nouvelles responsabilités et perspectives de vie. Cela permet de voir les trucs différemment, d’occuper l’esprit à de bonnes choses et d’avoir un but positif.

La quantité de franchise à ouvrir n’est pas limitée, la porte est ouverte. C’est quelque chose d’exceptionnel où tu ne paies rien, ton seul investissement c’est toi-même.

La magie du CBD, c’est aussi que beaucoup de gens arrivent à sortir de l’ombre, de la rue et de l’addiction aux drogues. 

LIM vient d’un milieu très modeste. Tendre la main, c’est ce fait qu’il depuis toujours dans sa carrière de rappeur. Par exemple, il prend des artistes inconnus au bataillon, et les met sur la mixtape Violences Urbaines, qui arrive quand même 13ème au top album. Il ouvre aussi la porte aux rappeurs inconnus, en faisant du freestyle sur les soirées Skyrock. 

Retrouvez toutes les interviews sans filtres des personnalités du monde du cannabis légal et du CBD sur Parlons Canna.

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